Le chanteur Idir, légende de la musique kabyle, est mort à l'âge de 70 ans

Le chanteur algérien Idir, l'un des principaux ambassadeurs de la musique kabyle à travers le monde et l'interprète du célèbre "A Vava Inouva", est mort samedi soir à Paris à l'âge de 70 ans.

Le chanteur Idir, légende de la musique kabyle, est mort à l'âge de 70 ans
Le chanteur Idir est décédé à l'âge de 70 ans, © Getty / Christian DUCASSE

Le chanteur algérien, Idir, légende de la musique Kabyle, est décédé samedi 2 mai, d'une maladie pulmonaire.

"Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa", indique un message publié sur la page Facebook officielle du chanteur, installé en France.

Selon le sociologue Pierre Bourdieu, Idir a une place particulière dans le cœur de nombreuses personnes : « Ce n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famille » 

Parmi les hommages, celui du président algérien Abdelmadjid Tebboune :"J'ai appris avec une immense tristesse la nouvelle du décès" d'Idir, "une icône de l'art algérien", a salué dans un tweet le président "Avec sa disparition, l'Algérie perd un de ses monuments".

Un ambassadeur de la musique Kabyle

De son vrai nom Hamid Cheriet, Idir était né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie. Alors qu'il se destinait à être géologue, un passage en 1973 sur Radio Alger change le cours de sa vie : il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, et sa chanson en langue berbère "A Vava Inouva", qui évoque les veillées dans les villages kabyles, fait le tour du monde à son insu pendant qu'il fait son service militaire. 

"Je suis arrivé au moment où il fallait, avec les chansons qu'il fallait", racontait en 2013 à l'AFP Idir, imprégné dès son enfance par les chants qui rythmaient tous les moments de la vie quotidienne. Il rejoint Paris en 1975 pour produire son premier album, également intitulé "A Vava Inouva"

Le partage : fil conducteur de sa carrière

Il disparaît de la scène pendant dix ans, de 1981 à 1991, mais sa carrière est ensuite relancée. A l'automne 1999, profitant de l'élan donné par ses compatriotes Cheb Mami et Khaled, il signe son retour discographique avec l’album "Identités", où il propose un mélange de "Chââbi", la musique algéroise, et de rythmes empruntés aux genres occidentaux. 

A l'image de son désir du mélange des cultures, il y chante avec des musiciens de différents horizons culturels, musicaux ou géographiques, comme Manu Chao, Dan Ar Braz, Zebda, Maxime Le Forestier ou Gnawa Diffusion, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l'Orchestre national de Barbès.

En 2002, Idir collabore avec Jean-Jacques Goldman qui lui écrit la chanson Pourquoi cette pluie ?, extraite de l'album Deux rives, un rêve.

En 2007, il publie l'album "La France des couleurs", en pleine campagne pour l'élection présidentielle française marquée par des débats sur l'immigration et l'identité.

En janvier 2018, le chanteur - qui militait pour la reconnaissance de l'identité culturelle de la Kabylie - était revenu chanter à Alger pour le nouvel an berbère "Yennayer" après une absence de 38 ans. 

Sscendu (Voie Lactée)