La touche classique de Hans Zimmer pour Netflix

Mis à jour le dimanche 16 août 2020 à 11h12

L’identité sonore du géant de la vidéo à la demande s’est offert un nouveau style, plus adapté au cinéma. Pour cela, la marque n’a pas hésité à faire appel à l’un des plus grands compositeurs actuels : l’Allemand Hans Zimmer.

La touche classique de Hans Zimmer pour Netflix
Hans Zimmer est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands compositeurs de musique de film au monde., © AFP / Robyn Beck

« Tou-doum ». C’est un son qui a fait le tour du monde. S’imposant comme une référence internationale, indissociable de notre génération. Un son de tambours qui évoque tout de suite une soirée passée sur son canapé, celle que les réseaux sociaux ont résumé en « Netflix and chill » (comprenez détente devant un film ou une série). Car c’est bien à Netflix qu’appartient cette marque sonore. 

Présent depuis 2013 sur la plateforme, le célèbre « Tou-doum » retentit avant chacune des productions du géant Netflix. Comme l’explique Todd Yellin, le vice-président produit du groupe, sur le podcast Twenty Thousand Hertz : « court et efficace, il est immédiatement reconnaissable et tout le monde sait qu'il signifie Netflix. »

Seulement, depuis quelques années, Netflix est en pleine croissance. La marque sort désormais des films originaux dans les salles de cinéma. Et là, les trois secondes du « Tou-doum » ne suffisent pas. Le son est trop précipité pour les salles obscures. Alors, l’entreprise a décidé de faire appel à un professionnel de la musique de cinéma. Aussi, après avoir travaillé avec succès avec Hans Zimmer sur la musique de la série originale The Crown, c’est tout naturellement que le choix de Netflix s’est porté sur le géant du cinéma allemand.

Une ampleur cinématographique

Toujours dans le podcast Twenty Thousand Hertz, du journaliste Dallas Taylor, on entend Tanya Kumar, la responsable du design de la marque Netflix, raconter que la multinationale souhaitait garder son célèbre « Tou-doum » mais le rallonger et lui donner plus d’ampleur cinématographique. «  Nous avons reçu environ 6 ou 7 compositions différentes, puis on a délimité trois compositions. C’est plus tard que nous nous sommes arrêtés sur une seule, qu’on aimait vraiment tous », explique-t-elle.

Hans Zimmer, auteur de célèbres bandes-son, comme celle du Roi Lion, Gladiator, Pirates des Caraïbes, Interstellar et même Inception, a donc été chargé d’offrir un jingle symphonique à la marque au grand N. Avec ses seize secondes, cette nouvelle identité sonore insuffle une dimension épique et beaucoup plus classique au logo. Ce qui n’est pas sans rappeler les grandes sociétés hollywoodiennes et leurs génériques connus dans le monde entier. 

Des véritables identités de marques

Du rugissement d’un lion à la statue de la Columbia à la torche, en passant par la fanfare de trompettes et tambours qui accompagnent un monument-logo éclairé par des projecteurs : la seule suggestion de ces sons et images permet illico de reconnaître des sociétés de distribution cinématographique. Tout simplement parce que leur identité visuelle et sonore fait aujourd’hui partie du paysage médiatique et de la culture générale. 

Certains de ces logos sonores ont d’ailleurs été composés par des génies de la musique. La célèbre fanfare de la 21th Century doit son succès au chef d’orchestre et compositeur américain Alfred Newman. Toujours dans les fanfares, celle d’Universal Pictures a été écrite par le compositeur de musiques de films Jimmy McHugh avant d’être arrangée par James Horner à qui l’on doit les musiques de Titanic, Braveheart, Le nom de la rose ou encore Avatar de James Cameron.

Pour la version zimmerienne du logo de Netflix, pas de trompettes : place à un thème symphonique planant avec des cordes tremolos et des percussions grondantes. Une pièce qui vient laisser tomber le « Tou-doum » iconique à la toute fin. Avec ce coup musical, Netflix s’impose comme un véritable studio de cinéma. C’est lors de la sortie de Roma, d’Alfonso Cuarón (« le premier film de la firme à être projeté en salle avant sa mise en ligne », comme le rappelle le site AlloCiné), en 2018, que cette version a été présentée pour la première fois. 

Une création encore méconnue

Pourtant, deux ans après sa première diffusion, cette version longue du logo sonore de Netflix est encore peu connue car peu de films de la société sortent au cinéma. En France, les films originaux Netflix ne sortent tout simplement pas dans les salles car la loi sur la chronologie des médias impose qu’un film sorti au cinéma ne puisse pas être mis en ligne sur une plateforme de SVOD avant 36 mois. Dans tous les cas, la logique de la multinationale est de diffuser très peu de films en salles et servir avant tout ses 193 millions d’abonnés dans le monde. Pour autant, ses ambitions au niveau des cérémonies, comme aux Oscars, l’ont poussée à accepter de projeter certains de ses longs-métrages au cinéma, afin de pouvoir concourir et tenter de décrocher des statuettes…

Hans Zimmer, de son côté, n’a pas fini de faire parler de lui dans les prochains mois. Le compositeur allemand signe les bandes originales des trois plus gros événements cinéma à venir. En plus du prochain James Bond, Mourir peut attendre, il composera pour le prochain film de Denis Villeneuve, Dune, mais aussi la suite de Wonder Woman, réalisé par Patty Jenkins. Quant au second opus de Top Gun, qui sortira en 2021, c’est aussi au chef Zimmer que l’on devra la BO.

L’origine du « Tou-doum » dans le Bureau ovale

Après toute cette histoire, vous vous demandez peut-être d’où vient ce fameux « Tou-doum »… Si vous avez déjà vu la série House of Cards, alors vous connaissez l’origine du logo sonore de la plateforme. Sinon, vous risquez d’être divulgâché dans ces prochaines lignes. Car le « Tou-doum » dont on parle ici est en fait un clin d’œil à Frank Underwood, le personnage principal de la série à succès House of Cards. Et plus précisément à la fin de la saison 2, lorsqu’Underwood incarné par Kevin Spacey frappe deux coups sur la table de son bureau ovale lorsqu’il accède à la présidence.