And the Oscar goes to ...

En marge du glamour des stars du grand écran, les compositeurs aussi auront leur moment de gloire le 28 février prochain à la cérémonie annuelle des Oscars. A quelque heures de la 88e édition, voici les nominations pour la meilleure musique de film.

And the Oscar goes to ...
© EUGENE GARCIA/EFE/Newscom/MaxPPP

On ne change pas l’équipe qui gagne, dit le proverbe. C’est un peu l’impression que l’on a en listant les noms des compositeurs qui concourent pour l’Oscar de la meilleure musique de film, John Williams ou Ennio Morricone en tête. Et voici les nommés :

John Williams

Inutile de présenter le compositeur de tous les succès de Hollywood. John Williams revient dans la course avec la musique de Star Wars Episode VII: Le Réveil de la Force. Déjà l'auteur de la B.O. des six épisodes précédents, John Williams s’est dit ravi de signer la musique pour le grand retour de la saga : « J’ai adoré travailler sur la saga et j’ai l’impression de n’avoir jamais réellement quitté cette lointaine galaxie. » La recette miracle ? Le compositeur la donne dans une interview en amont du film : « Il faudra certainement faire référence aux épisodes précédents, utiliser des éléments que j’avais déjà développé dans de précédents films. Cela m’a toujours amusé, de reprendre des éléments dans chaque nouvel épisode et faire en sorte qu’ils cohabitent avec un nouveau matériel musical. »

Thomas Newman

Treizième nomination pour le compositeur de 59 ans qui signe la musique du nouveau film de Steven SpielbergLe Pont des espions. C’est seulement la deuxième fois dans sa carrière que le réalisateur à succès fait appel à un autre compositeur que John Williams, avec qui il travaille en binôme depuis ses premiers succès sur grand écran (la musique pour La Couleur Pourpre en 1985 a été composée par Quincy Jones ). John Williams a dû renoncer à cette nouvelle collaboration pour des raisons de santé, mais l’affaire est restée quand même dans la famille : Alfred Newman, le père de Thomas, était directeur du département musique à la Fox, et Thomas se souvient avoir assisté, gamin, aux séances d’enregistrement où Williams dirigeait sa musique. Et c’est John Williams qui a ouvert la porte des studios à Thomas Newman . « C’était hors de question que je prenne la place de John et que je fasse ce qu’il fait. Steven m’a demandé le contraire : de remplacer John mais de faire ce que je fais. »

Ennio Morricone

Pressenti comme favori, Ennio Morricone signe la musique des Huit Salopards, dernier film de Quentin Tarantino. En dépit d’un catalogue impressionnant de 500 BO, il n’a jamais été recompensée par l’Académie. Auteur des musiques mémorables des westerns des années 1960 ( Le Bon, la Brute et le Truand en 1966 et Il était une fois dans l'Ouest en 1969 ), le compositeur de 87 ans revient au genre mais il refuse toute référence aux collaborations avec Sergio Leone : « La musique que j’ai écrite pour Leone a presqu’un demi-siècle – cette fois-ci, c’est complètement différent. J’essaie de donner à chaque réalisateur son propre univers musical. »

Carter Burwell

Carter Burwell a déjà travaillé avec le réalisateur Todd Haynes, et notamment sur la musique de la série Mildrer Pierce, dont l’intrigue est située dans une Amérique des années 1930. Pour la musique de film Carol, Carter Burwell a du attendre la fin du montage pour reconstituer ce qu’il appelle « le langage visuel » de Todd Haynes : « Nous l’avons visualisé ensemble, et sommes arrivés à la conclusion que la partition devait avoir à la fois l’éclat qui reflète les costumes et les décors de l’époque et une certaine réserve par rapport à la panoplie des émotions contenues par les personnages inscrits dans leur temps. La musique exprime toujours plus que n’expriment les personnages, mais nous ne voulions pas laisser les personnages en second plan. »

Jóhann Jóhannsson

Le compositeur islandais Johann Johannsson est dans la course à l’Oscar pour la deuxième fois, après sa première nomination l’année dernière pour Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh. Dans Sicario, le jeune compositeur islandais aborde la deuxième collaboration avec le réalisateur franco-canadien Denis Villeneuve : « Denis m’a expliqué qu’il voyait ce film comme un film de guerre et qu’il souhaitait que j’écrive ‘une musique de guerre subtile’. C’est la phrase qu’il a utilisée, et c’est cette-phrase-là qui résume le défi. Que veut dire ‘musique de guerre subtile’ ? C’est presque un oxymore, mais c’est cette définition qui m’a servi de guide, de fil conducteur pour une musique qui pulse et fait avancer le film. »

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