Alexandre Astier : « La musique est très sérieuse »

Auteur, réalisateur, acteur, Alexandre Astier sort la bande originale de son film « Kaamelott : Premier volet ». Musicien et compositeur de formation, il intègre la musique dans chacun de ses projets, que ce soit série, one-man-show ou film. Portrait vidéo.

Alexandre Astier : « La musique est très sérieuse »
Alexandre Astier durant l'enregistrement de la bande originale de Kaamelott : Volet 1, © Fred Mortagne / Lucie Bombled - Captures d'écran

Depuis 2005 et sa série télédiffusée Kaamelott, Alexandre Astier voit sa côte de popularité croître, quel que soit le projet dont il s’empare. Mais pour lui, la musique est primordiale : « J’ai toujours composé la musique de ce que je faisais. Je pense même que je me suis servi de ce que je faisais comme prétexte à composer de la musique systématiquement ».

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A l’origine était la musique

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Entré au conservatoire à l’âge de six ans, il intègre très tôt une classe CHAM où il partage son emploi du temps entre école et musique. Il étudie la contrebasse et finalise sa formation à l’American School of Modern Music où il complète ses connaissances par l'apprentissage du jazz et de la musique moderne. 

Contrebasse, basse électrique, batterie, piano, saxophone, trompette… Pas de limites pour ce multi-instrumentiste ! 

Pour Que ma joie demeure !, le spectacle sur Jean-Sébastien Bach, il s’initie au clavecin et à la viole de gambe et se découvre une passion pour cette dernière : « Je me suis débrouillé et surtout, j'ai adoré ça. J'adore vraiment cet instrument que j'ai chez moi ».

Fasciné par le compositeur allemand, il l'incarne sur scène, dévoilant son admiration : « Je trouve qu'il y a une dimension magique dans cette façon d'écrire et de conceptualiser la musique. […] Il est le maître d'une musique qui continue de fasciner. Et du coup, j'ai eu envie de faire l'imbécile dessus, mais un peu. ».

En 2005, il compose la musique de la série Kaamelott qu’il réalise. Captivé par la relation entre montage et musique, il réitère l’expérience pour le film David et Madame Hansen avec cette fois-ci un orchestre à cordes et piano. 

Musique puis montage et inversement

Être à la fois réalisateur, monteur et compositeur lui permet de développer une certaine agilité ; il peut ainsi intervenir à plusieurs reprises sur chacune des parties en fonction des autres : « Ce triangle permanent de questions-réponses, c’est un truc que les réalisateurs, les monteurs et les compositeurs, qui sont trois personnes différentes dans l'industrie, ne peuvent pas s'offrir ».  Alexandre Astier insiste bien : « C’est mélanger le montage et la musique qui est important pour moi ». 

A la fois omnipotente, médium, sérieuse

Pour lui, la place de la musique est en amont : « La musique est omnipotente, elle est médium.  Elle est au courant des choses. Elle sait où ça va et comment ça va se terminer. [...] Je fais partie des gens qui pensent que la musique est un courant spirituel dans un film ou un spectacle au dessus du reste, bien que généralement on a affaire à une entité qui est au courant des choses avant qu'elle n'arrive ».

Pour le réalisateur et compositeur, la musique en soi n’est pas drôle et ne peut avoir de fonction comique : « La musique, au contraire, reste hyper sérieuse. Elle appartient au camp du destin et des grandes choses. En fait, pour que la comédie fonctionne, il faut que ces petits humains inopérants et inefficaces soient aux prises avec un destin de taille. »

Le comique se situe donc dans le décalage entre le sérieux de la musique, le destin et l’impuissance des personnages, décalage qu’illustre le film culte de Gérard Oury : « Quand vous regardez "La Grande Vadrouille", vous voyez quand même deux personnes qui, dans leur genre, ne sont pas très efficaces face à ce qui les attend, j'aime ces comédies-là. »

Composer la musique de Kaamelott

Pour Kaamelott : Premier volet, le choix du genre musical s’est fait de manière évidente : « J'ai eu envie de musique piquée, épique et symphonique et classique dans son genre. ». Pour simuler la composition de manière orchestrale, le compositeur s’est appuyé sur plusieurs logiciels : les Spitfire audio de la BBC et Logic Pro d’Apple. 

La véritable difficulté, selon lui, ne se situe pas du côté de la composition mais de l'orchestration et en cela il révère le travail du compositeur de film John Williams : « C’est un orchestrateur né, un génie de l'orchestration.[...] Vous pouvez être à l'école toute votre vie avec les partitions de John Williams dans votre tiroir.  Ça suffit déjà. » 

Une fois les maquettes réalisées, il s’est tourné vers l’Orchestre national de Lyon et le chef Frank Strobel pour en assurer l’enregistrement. 

En attendant la date de sortie du film, Alexandre Astier se projette dans la musique des volets 2 et 3 de Kaamelott : « Le film 1 pose les bases musicales. J'ai hâte de devoir me mettre au second dans la composition, de repasser ça à la machine à laver et de le ressortir autrement ».