VIDEO : "Les percussions devraient être remboursées par la sécurité sociale !" - Gabriel Benlolo

Gabriel Benlolo, percussionniste à l'Orchestre philharmonique de Radio France, nous présente le vibraphone. Il nous fait découvrir cet instrument de la grande famille des percussions.

VIDEO : "Les percussions devraient être remboursées par la sécurité sociale !" - Gabriel Benlolo
Gabriel Benlolo, percussionniste à l'Orchestre philharmonique de Radio France, © Radio France / Pôle vidéo, France Musique

Les percussions font tellement de bien [...] qu'elles devraient être obligatoires à tout âge ! - Gabriel Benlolo

France Musique : Pourquoi avez-vous choisi les percussions ?

Gabriel Benlolo : Quand j'étais petit, j'ai choisi de faire de la batterie. Et j'ai eu la chance de pouvoir entrer dans un conservatoire où ma classe proposait des cours de batterie, mais aussi des percussions. Au même moment, j'ai découvert les claviers, qui permettent de jouer des mélodies en frappant, ainsi que les timbales qui m'ont apporté une autre dimension des percussions que je ne connaissais pas. J'ai découvert le vibraphone vers l'âge de 14 ans. Tout cela m'a beaucoup plu !

Comment c'est fait, un vibraphone ?

Le vibraphone est un gros instrument posé sur un châssis, il peut donc rouler et être déplacé assez facilement. Il possède un clavier tempéré de 3 octaves. Les lames sont faites en métal et reposent sur des résonateurs tubulaires, qui permettent de conduire le son. Entre les lames, il y a un étouffoir mobile qui, comme son nom l'indique, étouffe les lames en position relevée. Il est relié à une pédale qui l'abaisse quand on appuie dessus. Cela ajoute la possibilité de produire un son étouffé ou ouvert, exactement comme au piano.

Le vibraphone produit-il des sons... inattendus ?

Grâce au maniement des baguettes, on peut produire des sons ouverts (qui durent dans le temps), des sont fermés (qui stoppent net), et même avec des coups arrêtés. Ensuite, le vibraphone a aussi cette particularité d'être un instrument électroacoustique : il comporte un petit moteur. Ce dernier entraîne une série de clapets qui vont obstruer les résonateurs plus ou moins vite, ce qui crée un vibrato. On a aussi accès à toute une palette de sons grâce à une grande variété de baguettes : des baguettes dures produisent un son incisif et des baguettes plus douces, un son feutré. Enfin, en jouant avec quatre baguettes (c'est-à-dire deux dans chaque main), cela nous donne la possibilité de faire des accords.

Quelle est la tessiture du vibraphone ?

Sur un vibraphone de 3 octaves, elle part du fa juste sous le do de la serrure, et monte jusqu'au fa tout en haut de la clé de sol. C'est une grande tessiture !

Quels styles musicaux peut-on jouer au vibraphone ?

Cet instrument est apparu assez tard : il a à peu près un siècle dans sa version actuelle. Au début, il était surtout utilisé dans le jazz, puis, les compositeurs s'y sont naturellement intéressés par la richesse des timbres qu'il propose. On peut avoir un son très doux et très feutré avec un choix de baguettes judicieux, mais on peut aussi avoir un jeu très incisif. Au vibraphone, on peut très bien jouer des transcriptions de Bach, du jazz, de la musique contemporaine et même du tango ! Avec cet instrument, tout est faisable et tout est interprétable.

Existe-t-il un cliché sur le vibraphone ?

Pas vraiment... Si ce n'est qu'on a souvent l'impression que c'est toujours un vibraphone qui enregistre les sonneries d'annonces dans les aéroports. Vous savez, le fameux "Tu-du-duuu" ?