VIDEO - Comment faire des vidéos musicales (drôles) ? Par Nicolas Baldeyrou

Comment se filmer chez soi lorsqu'on est musicien ? Nicolas Baldeyrou, clarinettiste solo à l'Orchestre philharmonique de Radio France, arrangeur, acteur et monteur vous donne quelques conseils pour réussir vos vidéos !

VIDEO - Comment faire des vidéos musicales (drôles) ? Par Nicolas Baldeyrou
Nicolas Baldeyrou, clarinettiste, © Radio France / Pôle vidéo, France Musique

1. Avoir une idée claire :

Nicolas Baldeyrou : Moi, j'essaye de proposer des vidéos qui sont avant tout musicales et dont le contenu est le plus abouti possible. Après, je tente d'y introduire un peu d'humour pour désacraliser et rendre tout cela plus accessible et plus attrayant.

2. Partir de zéro :

Nicolas Baldeyrou : Avant, je n'y connaissais absolument rien, j'ai tout appris sur le tas. J'ai commencé par me filmer avec mon téléphone et à domestiquer petit à petit les outils que j'avais à ma disposition. Je me filmais seul en plans fixes, puis j'ai essayé d'ajouter plusieurs fenêtres pour que l'on me voit jouer de plusieurs instruments en même temps...

3. Tester, tester et re-tester :

...Pour doucement évoluer vers des mises en scènes beaucoup plus complexes qui comportent des « effets spéciaux » et l'utilisation d'un fond vert me permettant, entre autres, de faire varier les décors derrière moi et d'apporter encore plus de vie, d'animation et d'humour à tout cela.

4. Trouver son public :

Nicolas Baldeyrou : J'ai commencé par publier mes vidéos sur Instagram. C'est un réseau social que j'apprécie particulièrement et dont le format correspondait assez bien au contenu que je proposais. Ensuite, pour toucher un maximum de public, j'ai enchaîné sur l'ouverture d'une page Facebook avant de créer ma chaîne YouTube.

5. Avoir plusieurs casquettes

Nicolas Baldeyrou : Je fais tout de A à Z : l'arrangement des partitions, l'enregistrement, l'acting, le montage vidéo et les truquages. Le 27 mars 2020, j'ai publié une reprise de « Misirlou » de Dick Dale, le thème principal du film Pulp Fiction. J'ai procédé de la manière suivante : j'ai d'abord isolé ce thème que j'avais envie de jouer, car il m'inspire et parce que j'ai une petite histoire personnelle avec. Ensuite, viens le moment de faire l'arrangement et d'écrire les partitions une par une, partie par partie, en incluant le maximum d'instruments que je suis capable de jouer (en l’occurrence, plusieurs clarinettes si bémol et basses, trois cors, une batterie et quelques accessoires). Enfin, vient le moment de réfléchir à la mise en scène et de tourner les différents plans, en ajoutant quelques petites facéties que j'essaye de faire au second plan. Ici, il s'agit d'une chorégraphie directement inspirée de la fameuse scène de danse entre John Travolta et Uma Thurman que j'ai regardé à de nombreuses reprises pour m'en imprégner.

6. Ajouter une touche d'humour

Nicolas Baldeyrou : Personnellement, j'en ai un peu assez des gens qui perpétuent cette image de l'artiste classique sérieux et compassé. A travers mes vidéos, j'ai envie de révéler la part de drôlerie, de légèreté et le côté bon vivant des compositeurs. Je fais partie d'une génération qui a grandi avec des humoristes comme Les Nuls, Les Inconnus, qui a vu tous les films de Quentin Tarantino, des Frères Coen, etc. Je pense que cette myriade d'influences a forgé ma vision de l'humour en vidéo.

Un dernier conseil ?

Nicolas Baldeyrou : Le seul que je pourrais donner : si c'est ce que vous avez envie de faire, faites quelque chose de neuf, d'inédit et surtout, qui vous ressemble !