Quelle est la meilleure version des Notations de Pierre Boulez ?

Jérémie Bigorie, Jérémie Cahen et Christian Merlin élisent la version de référence des Notations pour orchestre de Pierre Boulez.

Quelle est la meilleure version des Notations de Pierre Boulez ?
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Compte-rendu

Peindre des instantanés, brosser des fragments furtifs qui s’enchâssent tels une mosaïque : Michael Gielen privilégie une approche pulvérisée et aborde la Notation I avec une certaine fébrilité. Inévitablement, la grande ligne fait défaut. Qui a dit que les compositeurs étaient les meilleurs serviteurs de leur musique ? Pierre Boulez, à la tête d’un Ensemble Modern où les cuivres s’époumonent, livre une vision assez neutre, sans nécessité interne. Tout ça manque vraiment de caractère !

Créateurs des Notations en 1980, Daniel Barenboim et l’Orchestre de Paris optent pour des jeux de résonnance, gommant ça et là la précision des rythmes et des textures. Peut-être cette vision, trop générique, aplanit-elle le propos.

Boulez, deuxième ! L’énergie du concert est très perceptible dans la lecture au bord de la rupture de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler ; le style y est, et avec lui cette nuée d’atomes sonores qui virevoltent ; le geste narratif du chef-compositeur répand une énergie ludique, des courbes sensuelles s’élèvent, mais le tout reste trop calibré. Manquent la démesure et le foisonnement que cette musique réclame.

Pour trouver le grain de folie, n’allez pas plus loin : Claudio Abbado et la Philharmonie de Vienne se jettent à corps perdu dans les quatre Notations avec une ivresse grisante ; c’est brutal, décousu, voire brouillon dans la Notation II, qui vire à l’expressionnisme, mais comment résister à cette dramaturgie sauvage, à ces dégradés fauves ?

La perfection instrumentale, avec son tranchant féroce et son sens de la prolifération, ce sont David Robertson et l’Orchestre National de Lyon qui les restituent avec une précision et une virtuosité confondante, tout en variant les couleurs, impressionnistes, stravinskiennes, bartokiennes… Voici la version à conseiller de cette partition hors-norme, idéale pour pénétrer l’univers de Pierre Boulez.

Palmarès

N°1
Version C
Orchestre National de Lyon, dir. David Robertson (Naïve, 2002) N°2
Version D

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Claudio Abbado (DG, 1988)

N°3
Version F

Orchestre des jeunes Gustav Mahler, dir. Pierre Boulez (DG, 1997)

N°4
Version A

Orchestre de Paris, dir. Daniel Barenboïm (Erato, 1988)

N°5
Version E

Ensemble Modern, dir. Pierre Boulez (DG, 2007)

N°6
Version B

Orchestre Symphonique de la SWR Baden-Baden et Fribourg, dir. Michael Gielen (Hänssler, 1990)

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