Pépite d'archive : Moondog en concert à la Salle Gaveau en 1976

En 1976, le compositeur Louis Hardin, plus connu sous le nom de Moondog, donne un concert à la Salle Gaveau à Paris. Un concert capté dans le cadre de l'émission France Musique la Nuit.

Pépite d'archive : Moondog en concert à la Salle Gaveau en 1976
Portrait de Moondog, © Getty / CBS Photo Archive

En décembre 1976, le Viking de la 6e Avenue fait découvrir ses œuvres au public français. Lors des répétitions, si les musiciens de jazz s'adaptent aisément aux partitions déroutantes de Moondog, les musiciens classiques ont quant à eux plus de difficultés... Le public est tout aussi perplexe, mais le concert s’avère une réussite. 

Il faut reconnaître que les compositions de Moondog sont des plus originales ! Comme l’explique Patrick Augelet dans une interview accordée à Amaury Cornut, biographe de Moondog, il s’agit de « petites mélodies simples répétées en écho à l’envie, [d']airs dansants bien rythmés reflétant l’éternité, [de]compositions jazzy à la mise en place pointue, [de]canons symphoniques à la frontière du baroque et du romantisme, [de]toute la panoplie d’un rêveur mythique caractéristique de l’œuvre du compositeur viking »

Parmi les pièces proposées, Yankee doodle dixie, écrite à l'occasion du 200e anniversaire de l'Indépendance des Etats-Unis. Il s'agit d'un canon dont les treize entrées font écho aux treize colonies qui se sont fédérées pour fonder les Etats-Unis en 1776. L'oeuvre s'inspire de chants patriotiques américains comme Yankee Doodle ou Star-Spangled Banner.

À ÉCOUTER

Concert intégral de Moondog en 1976 à la Salle Gaveau

Au programme également, quelques extraits de Art of the Canon, un recueil de pièces pour piano né dans les rues de New York. En 1961, en grand admirateur de Jean-Sébastien Bach, Moondog se décide à composer un canon par jour. Cinq recueils naissent de cette entreprise.  

"Européen du côté du coeur"

Avant la France, c’est en Allemagne que Moondog donne ses premiers concerts sur le continent européen. En 1974, il quitte l’Amérique pour Francfort où il est invité à deux concerts à la radio Hessische Rundfunk. Fasciné, Moondog prend ses quartiers en Allemagne, bien déterminé à y rester. Il faut dire que sa nouvelle maison lui plaît, et il a toujours admiré les grands compositeurs européens. En Allemagne, il enregistre trois nouveaux albums sous le label Kopf à la fin des années 1970 : In Europe, H’art Songs et A new sound of an old instrument. 

« Je suis Européen du côté du cœur. Je me sens plus chez moi en Europe qu’aux Etats Unis », Moodog en 1988 dans le cadre du Festival des Transmusicales de Rennes

De l’autre côté de l’Atlantique, les rumeurs vont bon train : sans nouvelles de leur Viking à la longue barbe, les Américains le croient mort. Après l’Allemagne, Moondog continue à sillonner l’Europe. Dans les années 1980, il se rend en Suède, puis en Autriche. 

Il n’en n'a pas non plus terminé avec la France : après un concert à Paris en 1982, direction Rennes en 1988 où les Transmusicales l’invitent pour jouer sa Symphonie celte. Après un passage en l’Angleterre où son album Sax Pax for a Sax voit le jour en 1994, il retourne en France en août 1999, cette fois-ci à Arles. C’est là qu’il donne son ultime concert, aux côtés de la pianiste Dominique Ponty, puisqu'il s’éteint en Allemagne le 8 septembre de la même année. 

Programme du Concert de 1976

Stompingground

Peace Pipe

Smoke’s Signal 

Viking I 

Art of the Canon (extraits)

Viena

Ground et 2

Fantaisia 

La Création

Danse de Mariage

Marche funèbre pour Vercingétorix