L’œuvre d’Olivier Messiaen entre à la Bibliothèque nationale de France

Partitions, livres, photos, manuscrits… Le fonds Messiaen, conservé jusqu’alors dans l’appartement parisien du compositeur, vient de trouver sa place à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

L’œuvre d’Olivier Messiaen entre à la Bibliothèque nationale de France
©JacquesSarrat/Sygma/Corbis

La Fondation Olivier Messiaen confie l’ensemble de l’oeuvre du compositeur français à la Bibliothèque nationale de France. En tout, les documents rassemblés mesurent plus de 250 mètres… Manuscrits, partitions annotés, lettres, livres, photographies mais aussi enregistrements sonores sont rassemblés désormais dans les départements de Musique et de Audiovisuel de la BnF.

Le fonds Messiaen (géré par la Fondation du nom du compositeur) était jusqu’alors stocké dans l’appartement parisien d’Olivier Messiaen qu’il a partagé avec son épouse, la pianiste Yvonne Loriod-Mesiaen.

Les documents récoltés par la BnF témoignent de la richesse créatrice du compositeur. Olivier Messiaen s’inspirait de la foi chrétienne, des rythmes anciens et asiatiques mais aussi des chants d’oiseaux. Parmi les documents se retrouvent donc les fameux enregistrements sonores de chants d’oiseaux qui inspireront ses oeuvres les plus célèbres. « Dans la hiérarchie artistique, les oiseaux sont les plus grands musiciens qui existent sur notre planète », affirmait le compositeur, devenu ornithologue pour mieux exploiter sa passion.

Outre les travaux théoriques, les documents d’Olivier Messiaen légués à la BnF comprennent sa correspondance : des lettres de toute sorte rédigées à partir des années 60. Un trésor qui témoigne de sa réputation internationale. Mais aussi ses travaux en tant qu’enseignant : Olivier Messiaen donnait des cours au Conservatoire de Paris et eut pour élèves des figures majeures du XXe siècle comme Pierre Boulez, Antoine Duhamel, Marius Constant ou Michaël Levinas.

Quant au mobilier de son appartement parisien, il part direction l’Isère, dans la maison de Petichet, reconnaissable parmi toutes avec une stèle en forme d’oiseau. C’est dans cette région que Messiaen a grandi, composé de nombreuses oeuvres et fut enterré en 1992. Cette maison deviendra un lieu d’accueils pour les artistes en 2016.

Si Messiaen a voulu être enterré dans cette région de Grenoble, c’est qu’il aimait la relation à la nature, « trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la nature est la suprême des ressources », selon les dires du compositeur.

Le président de la BnF annonce la venue d’une « future exposition qui rendra hommage à cet artiste majeur du XXe siècle ». En attendant, le fonds sera accessible progressivement aux chercheurs puis aux musiciens et mélomanes.

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