In Between, le concert qui invite le public à déambuler

Avec le concert In Between, présenté vendredi 12 avril à la Philharmonie de Paris, l'Ensemble Intercontemporain innove en proposant un format de concert mêlant arts plastiques, cinéma et performance artistique. Le public sera invité à déambuler dans la salle.

In Between, le concert qui invite le public à déambuler
Une oeuvre de l'artiste germano-hongrois Nandor Angstenberger similaire à celle qui sera tissée à la Philharmonie de Paris pendant la soirée In Between

Présenté comme l'un des temps forts de la saison 2018-2019 de l'Ensemble Intercontemporain, In Between fait la promesse de sortir des sentiers battus. Cette soirée, à la croisée de la musique contemporaine et des arts plastiques, se tiendra dans la Salle des concerts de la Philharmonie de Paris, anciennement Cité de la musique. Au programme, de la musique bien sûr mais aussi des arts plastiques, des projections vidéo et une performance artistique, le tout mis en espace dans une salle quasiment vidée de ses fauteuils, laissant le public libre de déambuler à sa guise. 

Le compositeur et chef d'orchestre allemand Matthias Pintscher, directeur musical de l'Ensemble Intercontemporain depuis 2013, aime plus que tout expérimenter des nouvelles façons de présenter la musique contemporaine. « J'ai toujours rêvé d'une grande soirée immersive où le public peut bouger. Parce qu'habituellement, dans des formats de concert plus conventionnels, on est quasiment attaché à sa chaise. J'ai donc voulu créer un jardin sonore où le public a la possibilité de se retrouver entouré du son et des sources du son. Et en même temps, qu'il ait la possibilité de se déplacer, de se promener et de suivre le son ».

Le concert, intitulé In Between, que l'on peut traduire par « l'entre-deux », s'intéresse aux instants de transitions entre deux états. Comme l'heure bleue, ce moment où le jour cède sa place à la nuit, ou aussi le passage de la vie à la mort. Cette thématique de l'entre-deux a guidé la mise en espace d'Alexander Fahima, metteur en scène allemand. « Je trouve que ce qui est toujours le plus intéressant, c'est ce qu'on ne peut pas voir, ce qui caché mais qu'on peut deviner. J'ai imaginé des sortes d'obstacles visuels qui vont pousser le public à se dire : "Et si j'allais dans ce coin là-bas, parce que de ce point de vue je pourrais voir d'autres choses, et surtout je pourrais entendre la musique différemment." Je ne souhaite pas que les choses à voir soient clairement désignées, que ce soit trop directif. Nous allons inviter le public à changer de position, pour créer des nouvelles perspectives. »

Évidemment la musique, au cœur du projet, résonnera particulièrement avec ce thème de l’entre-deux. Au programme, deux œuvres d’Aureliano Cattaneo en création mondiale, mais aussi Giacinto Scelsi, Yann Robin, Helmut Lachenmann et des œuvres écrites par Matthias Pintscher lui-même. 

Ce type de concerts, qui frôle l’art total, c’est ce que veut mettre de plus en plus en valeur Matthias Pintscher. Parce que c'est avant tout la vocation de l'Ensemble Intercontemporain, qui a toujours aimé expérimenter. « Aujourd'hui, je sens vraiment la nécessité de redéfinir la forme du concert. Ça ne peut plus seulement être le répertoire que l'on trouve sur le menu du soir. Il faut vraiment changer le format. C'est une autre façon de composer, il faut penser un programme comme une composition. Les œuvres que nous allons jouer lors de ce concert peuvent être qualifiées de minimalistes. Parce qu'elles nous permettent d'ajouter nos propres sensations, nos propres couleurs ».

Lors du concert In Between, le public pourra également découvrir l’œuvre de l’artiste germano-hongrois Nandor Angstenberger. Depuis ce mardi 9 avril, il tisse un gigantesque cocon composé de 4 000 mètres de fils de laines entrelacés. Une œuvre créée in situ et qui reliera le piano, certains fauteuils et le plafond.
 

In Between, un concert événement de l’Ensemble Intercontemporain, vendredi à 20h30 à la Philharmonie de Paris