Toni Morrison, première Afro-Américaine couronnée du prix Nobel de littérature, est décédée

Toni Morrison est décédée le 5 août. Elle avait remporté le prix Nobel de littérature en 1993, mais elle avait aussi écrit un livret d'opéra. Certains de ses poèmes ont bénéficié d'une mise en musique.

Toni Morrison, première Afro-Américaine couronnée du prix Nobel de littérature, est décédée
Toni Morrison à Milan en 1994, © Getty / Leonardo Cendamo

Toni Morrison est entrée dans l'histoire comme la première femme afro-américaine à recevoir le prix Nobel de littérature en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre. Quelques années auparavant, en 1988, elle avait aussi gagné le prix Pulitzer. Mais Toni Morrison a également fait des incursions dans la musique. La plus célèbre date de 2005, lorsqu'elle a écrit le livret de l'opéra Margaret Garner, sur une musique de Richard Danielpour. L'histoire est basée sur son roman Beloved, qui lui a valu le Pulitzer. Il s'agit de la fuite, romancée, d'une esclave qui a tué sa propre fille plutôt que de la laisser vivre la même existence qu'elle. L'opéra s'ouvre une scène de vente aux enchère, où les lots sont des esclaves. Les rôles principaux sont tous tenus par des afro-américains, comme Porgy and Bess, sept décennies auparavant. 

Un opéra et un recueil de chansons

Cet opéra est le fruit d'une longue gestation. La rencontre entre Toni Morisson et le compositeur Richard Danielpour remontait à 1993, par l'intermédiaire de Yo-Yo Ma. Mais l'écrivaine connaissait l'histoire de Margaret Garner depuis les années 1970, lorsqu'elle avait découvert un article de journal jauni par le temps et relatant le récit de la véritable Margaret Garner. Ce récit d'infanticide a tout de suite attirer l'attention de Toni Morisson, qui patientera près de 20 ans avant d'en faire un roman à succès. Un peu moins célèbres, des poèmes de Toni Morisson avaient été mis en musique par André Previn. Il s'agit d'une suite de textes intitulée Four songs, pour voix (soprano), piano et violoncelle. Ils ont été enregistrés en 1994 par la chanteuse Barbara Bonney.