Grand Prix Lycéen des Compositeurs : une journée au rythme de la musique contemporaine

Radio France accueillait jeudi 16 mars 2017 près de 900 élèves venus de 31 lycées français pour une journée autour du Grand Prix Lycéen des Compositeurs avec au programme : débat, remise du prix dans l’Auditorium de la Maison de la radio et concert.

Grand Prix Lycéen des Compositeurs : une journée au rythme de la musique contemporaine
Les lycéens sont venus de toute la France assister au débat dans l'Auditorium de Radio France , © Didier Plowy

Pour le Grand Prix Lycéen des Compositeurs (GPLC), Radio France recevait des centaines de lycéens venus des quatre coins de la France pour une journée autour de la musique contemporaine. Les jeunes ont pu assister à un débat avec les compositeurs en lice cette année, la remise du Grand Prix et un concert où était programmée l’oeuvre sélectionnée l’an passé par les élèves participants : Bateau ivre de Karol Beffa.

Cette année, les lycéens ont voté pour Different Spaces du compositeur Baptiste Trotignon. « Je suis très heureux, honoré et un peu surpris car je suis un jeune compositeur contemporain. Je n’ai pas encore écrit beaucoup d’oeuvres donc cette récompense est aussi une grande émotion », a déclaré le lauréat à la sortie de la remise de prix.

Pendant plusieurs mois, les lycéens écoutent, étudient et commentent en cours d’éducation musicale les six œuvres en lice pour le Grand Prix jusqu’à n’en retenir qu’une par classe. « C’est toujours un plaisir d’ouvrir nos oreilles à la musique d’aujourd’hui », commente Maryline Rousseau, professeur au lycée Saint-Joseph à Château-Thierry dans l'Aisne. Elle participe avec ses élèves au GPLC depuis une dizaine d’années et adopte une méthode spécifique : « J’essaye de ne pas écouter les œuvres à l’avance. Je découvre en même temps qu’eux pour regarder leur réaction et la comparer avec la mienne », explique la professeur d’éducation musicale.

A ses côtés, Sofiane, élève en seconde et percussionniste est un peu déçu, son coup de cœur ne revenait pas à l’oeuvre gagnante : « J’avais voté pour Quid sit Musicus ? de Philippe Leroux, je la trouvais plus originale ». Mais peu importe le résultat, cet élève a profité pleinement de son expérience : « Je connaissais la musique contemporaine de nom, un peu comme tout le monde, mais je ne savais pas ce que c’était vraiment et je n’en écoutais pas. Je trouve que ça nous ouvre l’esprit et comme je suis un grand passionné de musique : plus j’en sais, plus je suis heureux ! »

Les retours des professeurs sont tout aussi positifs. Antoine Mignon donne des cours d’éducation musicale au lycée Jean Vilar à Meaux et observe une différence entre ses deux classes : « Les secondes se sont dit qu’on était dans un concours de musique contemporaine et qu’il fallait donc essayer de privilégier une musique qui ne ressemble pas du tout à celle que l’on écoute. Tandis que les élèves en première ont préféré voter pour la musique qu’ils aiment le plus écouter, donc celle de Baptiste Trotignon qu’ils ont sélectionné ».

Le compositeur lauréat a un an pour écrire une oeuvre orchestrale qui sera donnée à l’Auditorium de la Maison de la radio en présence des lycéens participants au Grand Prix. Cette année c’est donc Bateau ivre de Karol Beffa qui est donné en concert avec l’Orchestre National de France dirigé par Alain Altinoglu. C’est la première fois que le chef participe au Grand Prix Lycéens des Compositeurs et il salue cette initiative : « Je trouve cela formidable que l’on donne la possibilité aux lycéens de faire découvrir la musique d’aujourd’hui et de leur demander leur avis ».

Le soir un grand concert est organisé, toujours avec l'Orchestre National de France, avec Bateau Ivre de Karol Beffa et des œuvres d’Ernest Bloch, Henri Dutilleux, Albert Roussel... « L’orchestration de Karol Beffa est dans la tradition des orchestrations de musiques françaises, et c’est ce que j’aime beaucoup dans ce programme : la belle continuité des œuvres jouées », commente le chef d’orchestre. C'est maintenant au tour de Baptiste Trotignon de relever le défi pour l'édition 2018.