Comment l’Asian Youth Orchestra a changé la vie d’un réfugié vietnamien

Alors que l’Asian Youth Orchetra vient de célébrer ses 25 ans et sa réussite sur la scène culturelle locale, l’orchestre revient sur le parcours atypique d’un de ses anciens membres, Khac-Uyen Nguyen, réfugié vietnamien devenu musicien suite à une audition qui a changé le cours de sa vie.

Comment l’Asian Youth Orchestra a changé la vie d’un réfugié vietnamien
Khac-Uyen Nguyen

L’histoire est étonnante et vient d’être rapportée par le quotidien South China Morning Post. Alors que l’Asian Youth Orchestra (AYO) vient de célébrer ses 25 ans les 14 et 15 août, le quotidien rapporte l’interview étonnante d’un de ses anciens membres : Khac-Uyen Nguyen ancien réfugié vietnamien dont la passion pour la musique a donné un nouveau tournant à sa carrière.

Il y a un peu plus de 25 ans, Khac-Uyen Nguyen - alors violoniste - arrive à Hong-Kong avec pour ambition de faire de la musique son métier. Alors réfugié vietnamien logeant dans un camp dans des conditions difficiles, son ambition semble compromise jusqu’à ce qu’il auditionne pour l’Asian Youth Orchestra et qu’il intègre la formation.

« Avant d’arriver à Hong-Kong, je n’avais jamais voyagé, je m’étais uniquement rendu dans deux villes, et ces dernières étaient au Vietnam. Je n’avais même jamais rencontré un étranger » déclare Khac-Uyen Nguyen, aujourd’hui fondateur et directeur musical de Verdandi Camerata, un ensemble contemporain localisé à Londres.

« Soudainement je me suis retrouvé vêtu d’un tee-shirt AYO à voyager, jouer de la musique et à rencontrer des gens dans toute l’Asie ».
Le violoniste reconnaît sa chance. Alors que l’insertion des réfugiés vietnamiens en Chine est à cette époque (1975-1980) difficile, il estime avoir été accueilli comme dans une famille au sein de l’orchestre. Fondé en 1990 par Yehudi Menuhin, l’Asian Youth Orchestra accueille une centaine de musiciens adolescents venant d’Asie de l’est. Sélectionnés suite à des auditions tenues dan toute la région, Khac-Uyen Nguyen se souvient être à l’époque le premier - et unique - membre vietnamien de l’orchestre.

« J’étais le premier à représenter le Vietnam (…) Et ce dont je me souviens le plus précisément, c’est le lien qu’a permis de créer la musique entre nous tous, au-delà de nos différences évidentes. Certains d’entre nous sont d’ailleurs encore bons amis » précise-t-il.

Suite à sa formation et ses tournées avec l’AYO, le violoniste a continué à étudier la musique en Grande-Bretagne et en Norvège, a travaillé avec différents orchestres européens avant de fonder Verdandi Camerata en 2003, un ensemble contemporain dont l’ambition est – de façon analogue à l’AYO - de favoriser la pratique musicale à de jeunes musiciens diplômés et de rendre la musique plus accessible au public contemporain.

« J’ai appris de l’AYO à quel point la musique est un médiateur efficace et essentiel pour relier les connaissances de tout à chacun (…) Mon ambition pour Verdandi Camerata est de combler les écarts encore trop présents entre les compositeurs, la musique et le public ».

Sur le même thème