VIDEO - Musique et Cosmos : le Voyager Golden Record

Mis à jour le vendredi 19 juillet 2019 à 11h30

En 1977, la NASA lance les sondes Voyager 1 & 2. Attaché à chacune d'entre-elles, un exemplaire du Voyager Golden Record. Sur ce disque, des images, des sons de la Terre et de la musique... classique ?

VIDEO - Musique et Cosmos : le Voyager Golden Record
La boîte contenant le Voyager Golden Record, © Getty

Si vous voulez sortir un album qui démontre la diversité de la musique dans le monde, je pense qu’il serait triste de ne pas inclure de musique classique, qui est de beaucoup de façons la plus haute réalisation de la musique humaine. Il y a quarante ans, nous avons envoyé un message aux extraterrestres : un ensemble de paysages et de sons de la vie sur Terre - Timothy Ferris, producteur du Voyager Golden Record

En 1977, la NASA lance deux sondes dont le but initial est d’étudier deux gazeuses géantes de notre système solaire, Jupiter et Saturne : Voyager 1 & 2 décollent en août et septembre de la même année. Sur chaque sonde, un disque contenant notamment de la musique classique, des œuvres de Bach et de Beethoven. Comment expliquer une telle présence ?

Les deux sondes atteignent les orbites de Jupiter et Saturne entre 1979 et 1981 : la mission est un succès total. La NASA décide alors de prolonger l’activité des sondes en les propulsant aux confins du système solaire.

En plus de leur but scientifique, les sondes Voyager 1 & 2 ont une mission patrimoniale : elles transportent toutes deux un exemplaire du Voyager Golden Record. Ces disques d’or fixé sur le flanc de chaque sonde sont destinés à une potentielle vie extraterrestre intelligente et dressent un véritable portrait de la diversité de la vie et de la culture humaine sur Terre.

En effet, ils abritent dans leurs sillons un condensé de l'humanité : 116 images, 41 sons de la Terre, des salutations dans 55 langues et surtout… 90 minutes de musique venant de notre planète.

Parmi ces œuvres musicales, un genre est surreprésenté : la musique classique, avec pas moins de 8 œuvres sur 27, dont 3 de Bach et 2 de Beethoven ! Pourquoi une telle entorse à la diversité du contenu gravé sur les disques ?

L’astronome américain Carl Sagan et son équipe, chargés de la création des disques et de la sélection de ce contenu, l’expliquent de deux manières :

La musique classique marque un tournant majeur dans l’histoire musicale de l’humanité, il leur a semblé important d’en inclure un peu plus sur les disques :

Si vous voulez sortir un album qui démontre la diversité de la musique dans le monde, je pense qu’il serait triste de ne pas inclure de musique classique, qui est de beaucoup de façons la plus haute réalisation de la musique humaine - Timothy Ferris

L’équipe de Carl Sagan s’est aussi interrogée sur ladite vie intelligente et ses mécanismes de communication. Quand elle trouvera (si elle les trouve) les disques dans un futur lointain, entendra-t-elle dans le même domaine de fréquence que nous ? Sera-t-elle douée d’audition ? Comprendra-t-elle au moins le concept de « musique » ? Difficile à dire. Ils ont donc choisi de s’appuyer sur un langage qui leur semblait universel pour établir le contact : les mathématiques.

Bach et Beethoven dégagent une résonance mathématique dans leurs œuvres, ce qui pourrait signifier quelque chose aux extraterrestres, pour qui la musique pourrait être inintéressante. Ils chercheraient des symétries, des répétitions, des inversions et des similitudes, entre et au sein même des compositions. Nous voulions leur faciliter la tâche en incluant plus d’œuvres de Bach et de Beethoven qui comportent beaucoup de ces motifs - Timothy Ferris

Quoi qu’en pensent les hypothétiques destinataires des Voyagers Golden Records, ces deux petits disques de 30 centimètres de diamètre, filant à un peu plus de 50 000 km/h, pourraient représenter tout ce qui restera de l’Humanité après sa disparition. Véritable capsules temporelles, leur durée de vie est estimée à plus d’un milliard d’années avant que les conditions spatiales ne rendent leur contenu illisible.

On a d’ailleurs fait graver à la main sur les disques :

To the makers of music, all worlds, all times.