VIDEO - Le saxophone, « un instrument qui surprend en permanence » par le Quatuor Ellipsos

« Il est à la fois doré, puissant, doux, il a un potentiel imaginaire énorme. Si vous voulez rêver, choisissez le saxophone ! » , s'enthousiasme Paul-Fathi Lacombe. Rencontre avec le Quatuor Ellipsos qui nous fait découvrir toutes les sonorités de cet instrument.

VIDEO - Le saxophone, « un instrument qui surprend en permanence » par le Quatuor Ellipsos
La Saxophone Family par le Quatuor Ellipsos, © Radio France / Mattéo Iachkine

France Musique : Pourquoi avez-vous choisi le saxophone ?

Paul-Fathi Lacombe, saxophone soprano : Je me suis orienté vers le saxophone grâce à une fanfare. Je l'ai tout de suite aperçu au milieu des autres instruments, il m'a sauté aux yeux et aux oreilles !

Nicolas Herrouët, saxophone baryton : Petit, je ne connaissais pas le saxophone, et comme beaucoup d'enfants, je voulais prendre des cours de piano ou de guitare. Il n'y avait plus de place, j'ai donc essayé d'autres instruments, j'ai essayé le saxophone et je suis tombé amoureux.

Julien Bréchet, saxophone alto : Un jour, alors que je n'avais que dix ans, j'ai vu une affiche qui montrait un concert du saxophoniste Sonny Rollins. Il tenait son ténor relevé devant lui, le sax brillait de mille feux, j'ai dit : « c'est ce que je veux faire ! »

Sylvain Jarry, saxophone ténor: En regardant la télévision et en écoutant de la variété française, c'est le son du saxophone (et aussi le visuel) qui m'ont donné envie de jouer de cet instrument.

Le saxophone, c'est facile comme instrument ?

Paul-Fathi Lacombe : Quand on débute, c'est vraiment facile : l'instrument est entre vos mains et une logique apparaît très rapidement.

Julien Bréchet : On joue très vite de petits morceaux sympathiques !

Sylvain Jarry : Il arrive cependant un moment, une étape à franchir, où cela devient plus compliqué de progresser, quand on commence à travailler la technique pure.

Nicolas Herrouët : Mais le saxophone reste malgré tout un instrument très abordable.

Comment c'est fait, un saxophone ?

Nicolas Herrouët : L'instrument possède un bec, lequel est équipé d'une anche simple, et les deux sont maintenus ensemble par la ligature.

Paul-Fathi Lacombe : Le bec est prolongé par le bocal, qui devient ensuite le corps de l'instrument.

Sylvain Jarry: Le corps est muni des clés, qui permettent de faire différentes notes. Elles actionnent des ouvertures qui rallongent ou raccourcissent le tube : plus la colonne d'air est longue, plus le son est grave et inversement.

Julien Bréchet : Le corps est connecté au pavillon, par lequel le son sort, via la culasse.

Nicolas Herrouët : Le saxophone baryton a deux petites particularités : il est tellement long que son corps est enroulé et il possède également une clé supplémentaire pour jouer une note plus grave.

Comment fait l'instrument pour produire un son ?

Paul-Fathi Lacombe : Comme évoqué précédemment, nous avons besoin d'un bec et d'une anche.

Nicolas Herrouët : Mais avant cela, nous avons aussi besoin de carburant : c'est le rôle de l'air. Quand le saxophoniste souffle dans le bec, l'anche se met à vibrer très rapidement, ce qui se traduit par la production d'un son.

Quelle est la tessiture du saxophone ?

Paul-Fathi Lacombe : La famille de l'instrument a hérité des noms des tessitures de la voix. Les plus aigus sont soprano et alto, et les plus graves, ténor, baryton, basse et contrebasse. On retrouve vraiment toutes les voix humaines au saxophone !

Existe-t-il un cliché sur le saxophone ?

Nicolas Herrouët : Le thème de La Panthère Rose...

Sylvain Jarry : Plus qu'un cliché, je dirais qu'il y a surtout un répertoire, un style de musique qui colle beaucoup au saxophone : le jazz. Et c'est tout à fait à raison, c'est grâce au jazz que le saxophone a probablement survécu !

Paul-Fathi Lacombe : Et en même temps, c'est un instrument qui surprend en permanence, d'un saxophoniste à un autre, on entendra jamais la même chose.

Julien Bréchet : Il est possible de jouer toutes les musiques au saxophone, le jazz, la musique classique, en passant par les musiques du monde et la variété française.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Nicolas Herrouët : C'était lors d'un concert dans le sud de la France, avec Thierry Escaich, organiste et compositeur de la cathédrale de Foix.

Sylvain Jarry : Nous étions en train de terminer notre morceau pendant que Thierry enchaînait avec une improvisation. Et pendant cette improvisation, nous devions le rejoindre tout en haut de la tribune de l'orgue pour jouer quelque chose tous les cinq.

Paul-Fathi Lacombe : Et au moment de monter à la tribune...

Julien Bréchet : La porte est verrouillée, fermée à clé, impossible de l'ouvrir !

Nicolas Herrouët : Grand moment de solitude. Thierry continue d'improviser, jusqu'à ce que la personne qui lui tournait les pages ne se rende compte que quelque chose ne se passe pas comme prévu. Elle est redescendue nous ouvrir en urgence, nous somme montés à la tribune complètement essoufflés et c'était à nous d'enchaîner le concert au côté de Thierry Escaich.

Pourquoi devrait-on choisir le saxophone, plutôt qu'un autre instrument ?

Sylvain Jarry : La forme du saxophone rappelle celle de la lettre "S", comme dans le mot "Super", c'est pour cela qu'il faut faire du saxophone !

Nicolas Herrouët : Si vous avez envie d'un instrument qui est facile à débuter et qui permet de jouer rapidement à plusieurs, c'est vraiment un instrument qui crée la "Saxophone Family".

Paul-Fathi Lacombe : Je vous donne un conseil : fermez les yeux et essayez d'imaginer l'instrument que vous rêveriez de jouer. Et bien souvent, c'est le saxophone qui vient à l'esprit en premier !

Julien Bréchet : Il ne faudrait surtout pas s'en priver.