VIDEO - Le piano, comment ça marche ? Par Wilhem Latchoumia

Explorant toutes les possibilités du piano, les mains du pianiste Wilhem Latchoumia se promènent sur le clavier comme à l'intérieur de l'instrument. Il nous présente le piano en images et en musique.

VIDEO - Le piano, comment ça marche ? Par Wilhem Latchoumia
Le pianiste Wilhem Latchoumia le 25 novembre 2014 au studio 107 de la Maison de la Radio, dans le cadre de la "Matinale culturelle"., © Radio France

« Le piano, c'est un peu mon jardin secret » - Wilhem Latchoumia

France Musique : Pourquoi avez-vous choisi de jouer du piano ?

Wilhem Latchoumia : Je ne fais pas partie d’une famille de musiciens, je l’ai découvert à l'âge de six ans en regardant dans la vitrine d’un magasin. Au bout d’un an, ma maman s’est dit : « Bon, il est vraiment motivé par le piano, on va l’inscrire dans la petite école d'à côté », tout simplement !

France Musique : Est-ce que c'est facile de jouer du piano ?

Wilhem Latchoumia : Au premier regard, cela a l’air assez simple : on appuie sur une touche et le son se fait entendre. La difficulté arrive juste après : une fois qu’on a compris comment le clavier fonctionne, c’est l’indépendance des mains et des pieds qui est plus compliquée, car on doit gérer beaucoup de choses, pas uniquement la mélodie.

France Musique : Comment c'est fait, un piano ?

Wilhem Latchoumia : La première chose qui se présente à nous est le clavier. Il est organisé autours de touches noires et de touches blanches, souvent au nombre de 88. En jouant uniquement sur les touches blanches, on obtient une gamme diatonique. En rajoutant les touches noires, on peut jouer de plus petits intervalles et notamment la gamme chromatique. Ensuite, si on soulève le couvercle, on trouve une table d’harmonie qui va amplifier les sons produits par les cordes et permettre à l’instrument de résonner. En regardant les cordes de plus près, on remarque que les notes graves n'en ont qu'une seule, filée en cuivre et que les plus aiguës en ont jusqu'à trois, dénudées. Les cordes sont tendues sur une harpe en fonte, solidaire de la table d'harmonie.

France Musique : Comment fait le piano pour produire un son ?

Wilhem Latchoumia : Là où le clavecin pince les cordes, le piano les frappe. Quand on appuie sur une touche, un marteau en feutre se redresse et percute la corde correspondante. Dans le même temps, une autre pièce en feutre qui était posée sur la corde, l'étouffoir, se relève. Quand on relâche la pression sur la touche, l'étouffoir redescend et ré étouffe la corde. Le son produit est transmis à la harpe, puis à la table d'harmonie et c'est tout l'instrument qui agit comme une caisse de résonance.

En plus du clavier et de tout le système de cordes, il y a trois pédales montées sur une lyre. La première, celle de droite, est appelée « pédale forte ». Elle permet à tous les étouffoirs de se relever en même temps. Quand on joue avec cette pédale enfoncée, le son est donc maintenu plus longtemps. La deuxième, celle de gauche, est la pédale « una corda », qui signifie « une corde » en italien. En jouant avec cette pédale, le son du piano est plus doux, car la mécanique se déplace vers la droite et les marteaux ne frappent plus qu'une corde sur deux ou trois. Enfin, la troisième et celle du milieu, s'appelle la « pédale sostenuto », ou « pédale de soutien ». Les touches pressées alors que cette pédale est enfoncée ne produisent aucun son, mais leur étouffoir reste en position relevée. Le son de ces touches en particulier sera donc maintenu, mais pas celui des autres touche.

France Musique : Quels styles musicaux ne peut-on pas jouer au piano ?

Wilhem Latchoumia : Je ne crois pas qu'il y ait un style qu'on ne puisse pas jouer. Pour moi, c'est cela l’avantage du piano, on peut même remplacer l’orchestre ! On peut jouer de la musique classique, romantique, contemporaine, du jazz, de la pop, du rock, etc.

France Musique : Avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Wilhem Latchoumia : J'étais en tournée en Amérique du Sud. En arrivant sur les lieux d'un concert, on me présente l'instrument sur lequel je vais jouer : il s'agit d'un vieux piano. En général, le nom du fabriquant est indiqué au dessus de clavier, ce qui n'était pas le cas sur cet instrument. J'ai donc demandé : « est-ce que vous allez l'accorder ? », ce à quoi on m'a répondu : « non, cela fait deux ou trois ans que l'accordeur n'est pas passé ». Je me suis aussi rendu compte que la pédale una corda était cassée. Réalisant que certaines pièces ne pourraient absolument pas être jouées, j'ai donc dû revoir toute ma programmation pour l'adapter à cet l'instrument !

France Musique : Que vous apporte la pratique du piano au quotidien ?

Wilhem Latchoumia : Souvent, j'explique aux gens que quelque part, le piano et la musique m'ont un peu sauvé la vie. J'étais quelqu'un de très timide et l'instrument est devenu mon jardin secret. Et parce que je ne viens pas d'une famille de musiciens, je n'ai été influencé par personne dans le choix de cet instrument. Mon piano, c'est mon confident.