VIDEO : Le cor d'harmonie par Isabelle Bigaré

Corniste de l'Orchestre philharmonique de Radio France, Isabelle Bigaré nous fait découvrir son instrument avec humour et passion. A travers des œuvres classiques et des astuces, elle détaille toutes les subtilités du cor d'harmonie et explique son fonctionnement.

VIDEO : Le cor d'harmonie par Isabelle Bigaré
La corniste Isabelle Bigaré jouant de son instrument, © Radio France / Pôle vidéo, France Musique

Vous pouvez facilement fabriquer votre propre cor - Isabelle Bigaré

Isabelle Bigaré : Vous pouvez facilement fabriquer votre propre cor. Il vous suffit d'acheter 4m60 de tuyau en plastique, un entonnoir (vous pouvez aussi prendre celui de maman) et une embouchure, que l'on peut trouver en silicone pour 10€ dans tous les magasins de musique. Ensuite, vous enroulez le tuyau sur lui-même, d'un côté vous placez l'embouchure, de l'autre l'entonnoir et voilà, vous avez votre cor fait-maison !

France Musique : Pourquoi avoir choisi de jouer du cor ?

Isabelle Bigaré : Ma maman m'avait inscrite au cours de piano (et de solfège malheureusement). A côté de notre classe, il y avait un professeur de cor. Maman y est allée par curiosité, moi, j'ai suivi, on m'a prêté une embouchure et à partir de ce moment - là j'ai commencé mes études et je n'ai jamais arrêté.

FM : Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement du cor ?

Isabelle Bigaré : Le cor est un instrument en cuivre composé d'une embouchure, d'un tuyau enroulé et d'un pavillon. L'embouchure va transmettre la vibration que je vais créer avec ma bouche en faisant le bruit d'un petit moustique. Une fois créée, cette vibration va être transformée par le tuyau pour enfin arriver au pavillon qui va l'amplifier, l'améliorer et la projeter dans la salle. Pour jouer les différentes notes, on appuie sur les palettes. Ces dernières correspondent à une invention majeure qui date du XIXe siècle : le piston. Quand on actionne une palette, le piston correspondant va diriger l'air soufflé dans différentes longueurs du tuyau. Plus le tuyau est long, plus la note est grave et inversement.

FM : Le cor produit-il des sons... inattendus ?

Isabelle Bigaré : Il y a par exemple le son bouché. Il s'obtient en plaçant sa main libre dans l'entrée du pavillon. On produit alors un son très cuivré, caractéristique de l'instrument. On peut aussi adoucir le son du cor en y introduisant une sourdine. C'est une pièce en bois qui, comme pour le son bouché, s'insère dans le pavillon. Le troisième effet possible, c'est le trille.

FM : Quels styles peut-on jouer au cor ?

Isabelle Bigaré : On peut jouer tous les styles musicaux ! On aborde autant la musique du XVIe et du XVIIe siècle que Bach ou encore la musique contemporaine. Ces derniers temps, avec l'Orchestre philharmonique de Radio France, nous avons même fait du hip-hop.

FM : Avez-vous une œuvre préférée ?

Isabelle Bigaré : J'ai vraiment apprécié le "Konzertstück Op.86" deRobert Schumann.

FM : Que vous apporte le cor, en termes d'émotions, de façon de vivre ?

Isabelle Bigaré : Ce sont de grandes joies, quand en concert ou en répétition avec un autre musicien ou un autre instrument, on arrive à s'harmoniser et à faire un accord presque parfait. A ce moment là je peux vous dire qu'il y a des sensations physiques qui apparaissent, comme des frissons ou même les poils des bras qui se dressent !

FM : Pourquoi choisir le cor, plutôt qu'un autre instrument ?

Isabelle Bigaré : C'est un instrument qu'on peut commencer à l'âge de 6 ou 7 ans, qui permet de jouer avec des groupes de cuivres mais aussi avec tous les instruments à vent et à cordes. Le cor d'harmonie permet autant de faire des sonneries de chasses que des signaux ou des bribes de musiques de films dès qu'on a 1 ou 2 ans de pratique.