VIDEO - Le Concerto pour piano n°3 de Beethoven par Alice Sara Ott, une musique à partager

Alice Sara Ott présente et analyse le Concerto pour piano n°3 de Ludwig van Beethoven. En tant que pianiste, elle explique comment elle aborde ce concerto et nous livre sa propre interprétation.

VIDEO - Le Concerto pour piano n°3 de Beethoven par Alice Sara Ott, une musique à partager
Alice Sara Ott, pianiste, © Radio France / DPAV Radio France

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En général, je trouve Beethoven vraiment compliqué [...] car à chaque fois, c'est un nouveau combat ! - Alice Sara Ott

Un concerto particulier

Alice Sara Ott : Au cours de sa vie, Ludwig van Beethoven a écrit cinq concertos pour piano et ces derniers sont tous dans une tonalité majeure. Mais le Concerto pour piano n°3 a la particularité d'être écrit dans une tonalité mineure, ce qui lui confère un caractère assez sombre. C'est un concerto dans lequel le pianiste peut faire preuve d'une habileté comparable à celle de la musique de chambre.

Le premier mouvement : Bach s'invite sur scène

Alice Sara Ott : Le premier mouvement part de rien et dans l'idéal, l'orchestre devrait introduire la pièce de manière très douce. Après la grande ouverture et l'exposition du thème principal, Beethoven introduit un air de la Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach, presque comme une petite prière. Enfin, le mouvement se termine sur un do mineur très sombre.

Le deuxième mouvement : jouer attacca

Alice Sara Ott : « Attacca » est une expression musicale qui veut dire « Attaquez immédiatement ». Mais le deuxième mouvement débute sur un mi majeur qui est une tonalité très éloignée du do mineur ! Pour que le public comprenne que la pièce n'est pas terminé, moi, Mikko Franck et l'Orchestre nous sommes restés figés pendant plusieurs secondes. En effet, si vous permettez à tout le monde de se détendre entre le premier et le deuxième mouvement, vous ne pouvez pas préparer correctement le magnifique passage qui suit. C'est très spécial, cela n'arrive pas tous les jours et dans toutes les œuvres.

Un concerto plein de surprises

Alice Sara Ott : Je donne ce concerto depuis six ou sept ans maintenant et c'est toujours un nouveau combat ! A force de le jouer avec différents orchestres, vous vous rendez compte qu'à chaque fois, cela vous montre une nouvelle idée que vous n'aviez jamais eu. Vous redécouvrez des passages et les visualisez différemment la fois suivante. Pour mener à bien ce concerto, vous devez être sûrs de vous, présents, concentrés et conscients de tout.

Le troisième mouvement

Alice Sara Ott : Il est plein d'ironie, de sarcasme et de changements de rythmes ! C'est très amusant à jouer et cela nous montre à quel point il est important de voir ce concerto comme une pièce de musique de chambre, pas simplement comme un concerto pour piano solo.

En musique, pas de règles

Alice Sara Ott : J'ai déjà joué ce concerto pieds nus. J'ai commencé à faire cela il y a huit ou dix ans. A l'époque, je devais donner une représentation sur un vieil instrument historique et j'avais l'habitude de porter des talons très hauts. Problème : je ne pouvais pas glisser mes jambes sous le clavier pour actionner les pédales ! N'ayant pas de chaussures de rechange, j'ai donc joué pieds nus. Cela m'a fait réaliser qu'aujourd'hui, les gens pensent qu'il faut s'habiller d'une certaine manière pour venir écouter de la musique classique. Certes, Beethoven, Chopin ou Lizst semblent bien vêtus, mais il faut garder à l'esprit que ces compositeurs portaient ce qui était à la mode de leur temps ! Non, j'aime quand le public se détend et crée sa propre approche de la musique classique, sans forcément suivre des règles pré-établies.

Retrouvez le concert dans son intégralité : Beethoven : Concerto pour piano n°3 ( Alice Sara Ott / Orchestre philharmonique de Radio France)