VIDEO - La Marseillaise, une histoire en musique

Utilisée tant par le pouvoir que par le contre-pouvoir, la Marseillaise fête ses 140 ans en tant qu'hymne national. Si elle a si bien su accompagner l'exaltation depuis sa création, c'est notamment grâce à ses qualités musicales.

VIDEO - La Marseillaise, une histoire en musique
Rouget de Lisle chantant la Marseillaise, © Getty / Print Collector

Histoire de la Marseillaise en musique 

Un hymne national, c'est un peu le drapeau sonore d'un pays ou d'un peuple qui sert à élever l'esprit d'un rassemblement d'hommes, qui sert à rassembler les hommes autour d'une idée, d'un symbole - Maurice Le Roux

1792 : création de la Marseillaise

Le maire de Strasbourg demande à Rouget de Lisle d'écrire une réponse à Ça ira. En une nuit, il compose la musique et les paroles de la Marseillaise. Si la Marseillaise a si bien accompagné l'exaltation révolutionnaire, c'est grâce à ses qualités musicales. Les quatre premières notes "projettent les gens hors d'eux-mêmes" nous dit Maurice Le Roux. C'est cet intervalle, viril et fort, que l'on retrouve dans l'opéra de Mozart, Don Giovanni. Par ailleurs on retrouve toutes les notes de la gamme majeure / mineure, ce qui, joué très vite, ressemble à une "flamme". 

1787 : les origines, "Esther" - Jean-Baptiste Lucien Grisons

Quand Rouget de Lisle était en garnison à Strasbourg, au début de la Révolution française, l'opéra Esther de Jean-Baptiste Lucien Grisons a été donné. Selon Henri Barraud, le chœur de cet opéra est une préfiguration très nette de la Marseillaise.

1805 : l'évolution, "Symphonie n° 3 (Héroïque)" - Beethoven

Pour Maurice Le Roux, il n'y a aucun doute : la musique de Beethoven, et particulièrement la Symphonie Héroïque, est l'héritière de l'œuvre de Rouget de Lisle, par son ardeur, sa force et sa tonalité. 

1830 : orchestration de Berlioz

En 1830, Berlioz propose une orchestration pour l'hymne. Si cet arrangement est encore souvent entendu, ce n'est pas celui que retiendra la IIIe République.

1858 : "Orphée aux enfers" - Offenbach

La Marseillaise prend des accents de révolte tout au long du XIXe siècle. Ainsi, Offenbach l'utilise pour accompagner la révolte des dieux de l’Olympe.

1871 : "La Marseillaise de la Commune"

Pendant ces quelques mois de 1871, la Commune de Paris fait de la Marseillaise un instrument de révolte ; elle est déclinée à toutes les sauces : Marseillaise de la Commune, des Fusillés, des travailleurs... Elle sera alors bannie de la République par Thiers.

1879 : la Marseillaise, hymne national 

Par la loi de 14 février 1879, les députés républicains en font l'hymne national avec pour objectif de fédérer le peuple autour de la IIIe République et de contrer un éventuel retour de la Monarchie. 

1974 : réorchestration par Roger Boutry

A la demande de Valéry Giscard d'Estaing, Roger Boutry a réharmonisé et réorchestré la Marseillaise. Le président de la République trouvait qu'on la jouait trop rapidement et qu'elle n'avait pas un caractère solennel comme doit l'avoir un hymne national. A l'époque, l'armée marchait d'un pas plus lent que de nos jours, puis au fil des années, l'habitude est venue d’exécuter la Marseillaise plus vite. Par cette réorchestration, il s’agit de rappeler que la Marseillaise est un hymne et non pas une marche.