VIDEO - L'alto, comment ça marche ? Avec Elodie Laurent

(Trop) souvent comparé au violon, l'alto se révèle être un instrument apprécié, doux et chaleureux. Élodie Laurent, altiste à l'Orchestre National de France, nous le fait découvrir en images et en musique.

VIDEO - L'alto, comment ça marche ? Avec Elodie Laurent
Élodie Laurent, altiste, © Radio France / Pôle vidéo, France Musique

France Musique : Pourquoi avez-vous choisi l'alto ?

Élodie Laurent : Je viens d'une famille de musiciens et très tôt, vers l'âge de quatre ans, j'ai demandé à faire du violon. Cela me plaisait, mais il manquait quelque chose. Un jour, j'ai essayé l'alto et à partir de ce moment-là, je suis tombée sous le charme et je n'ai plus jamais rouvert le violon.

France Musique : Est-ce que l'alto est un instrument facile ?

Élodie Laurent : Ce n'est ni plus difficile, ni plus facile que le violon. Les problèmes de justesse sont les même à ceci près que l'alto est plus grand et plus lourd ! Cela demande donc d'être un peu plus robuste au niveau du dos car il y a plus de poids dans les mains.

France Musique : Comment c'est fait, un alto ?

Élodie Laurent : Il est composé d'une table, d'un dos (souvent en deux parties contrairement au violon, car il est plus grand), de la touche pour poser les doigts et des quatre cordes do, sol, ré et la. Elles sont tendues entre un cordier et des chevilles et sont supportées par un chevalet. Vers la période moderne, on a rajouté une mentonnière et un coussin pour pouvoir mieux poser l'instrument sur l'épaule.

France Musique : Comment fait l'alto pour produire un son ?

Élodie Laurent : Le principe est de mettre une corde en vibration. On peut le faire avec un pizzicato par exemple, en pinçant la corde. Mais l'alto reste d'abord un instrument à cordes frottées, il est donc équipé d'un archet qui permet d'emmener la corde en la frottant. Elle entre alors en vibration, vibration qui sera amplifiée par la caisse de résonance de l'instrument.

France Musique : Quelle est l'histoire de l'alto ?

Élodie Laurent : L'instrument existe depuis la Renaissance et a eu, pendant très longtemps, une place d'accompagnement. Et arrivé au 20e siècle, beaucoup de compositeurs se sont tournés vers l'alto avec des concertos et autres œuvres modernes absolument sublimes. Il s'est alors distingué comme un redoutable soliste ! Aujourd'hui, l'alto peut tout à fait se retrouver dans des musiques telles que la pop, le rock et même le folk.

France Musique : L'alto peut-il produire des sons... inattendus ?

Élodie Laurent : De temps en temps à l'orchestre, il va nous arriver de tenir l'alto comme une guitare pour jouer en pizzicato. On peut jouer avec le bois de l'archet, au lieu de la mèche. On peut aussi faire ressortir les harmoniques des cordes, en les effleurant avec les doigts à des endroits très précis de la touche.

France Musique : Pourquoi entend-on autant de blagues sur l'alto ?

Élodie Laurent : Je pense qu'il y a autant de blagues sur nous car c'est justement nous qui les écrivons ! Nous avons énormément d'autodérision, cela fait partie de notre caractère : pourquoi l'alto s'appelle 'bratsche' en allemand ? Parce que c'est le bruit qu'il fait quand on s'assoit dessus.

France Musique : Jouer de l'alto, qu'est-ce que cela vous apporte au quotidien ?

Élodie Laurent : Si je ne joue pas pendant un temps, il arrive un moment où il va me manquer physiquement quelque chose : l'instrument fait partie de moi, de mon corps. 

Avec l'alto, nous entretenons un véritable lien avec les autres instruments. Il trouve sa place dans les formations musicales et les échanges avec les autres musiciens sont merveilleux, musicalement parlant.

France Musique : Pourquoi devrait-on choisir l'alto, plutôt qu'un autre instrument ?

Élodie Laurent : D'abord parce que les classes d'alto sont toujours celles avec la meilleure ambiance dans les conservatoires. Ensuite parce que c'est un instrument très agréable, il est à la bonne taille dans les mains et résonne avec le corps : l'alto apporte une plénitude à son musicien.