VIDEO - Frédéric Chopin, deux en un !

Si l'on associe souvent la personnalité du compositeur Frédéric Chopin à la mélancolie, l'exil ou l'amour malheureux, il suffit de se plonger dans sa biographie pour constater qu'il peut aussi bien se montrer enjoué, mondain et heureux.

VIDEO - Frédéric Chopin, deux en un !
Chopin, solaire et lunaire, © BNF / GALLICA

Chopin, deux en un

Un jeune virtuose…

L’enfance et la jeunesse de Frédéric Chopin sont paisibles, heureuses, en témoignent ses œuvres composées dans sa jeunesse. Il grandit à Varsovie au sein d’une famille aisée et aimante, séjourne régulièrement à la campagne, poursuit ses études au lycée général avant d’intégrer le conservatoire. 

Dès le plus jeune âge, on lui reconnait un grand talent musical. Jeune musicien surdoué, virtuose, il donne ses premiers concerts à l’âge de 8 ans et reçoit le prix de « Premier pianiste de la ville » de Varsovie, à l’âge de 15 ans.

Vidéo réalisée avec les archives de Gallica - En partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France

…mais aussi un musicien perfectionniste 

Plus tard, ce talent et cette facilité se transformeront en un perfectionnisme obsessionnel, voire maladif. Chopin peine à considérer ses œuvres comme abouties, achevées. Il a aussi du mal à se plier à l’exercice rigoureux et standardisé de la partition, de l’écriture musicale. Quant aux concerts, Frédéric Chopin les évite, pétrifié par le trac et le stress. 

« Je ne suis pas propre à donner des concerts, moi que le public intimide, qui me sens asphyxié par ces haleines, paralysé par ces regards curieux, muet devant ces visages étrangers. » (Lettre à Franz Liszt) 

Un enfant enjoué…

Enfant, Chopin est de caractère joyeux, rieur, et s’amuse à dresser le portrait de ses proches au piano. De cette jeunesse heureuse, il conservera une certaine sociabilité et une grande bienveillance. 

… mais aussi un caractère taciturne

Avec les années, la maladie et le poids de l’exil, son caractère s’entache cependant de nombreuses variations d’humeur, de frustrations et d’angoisse. 

« Son caractère était celui d’un malade. Gai, cordial, animé quand il ne souffrait pas trop. Mélancolique et découragé lorsque le mal le terrassait. Comme sa musique, il était tendre et passionné. » (Solange Clésinger, fille de George Sand) 

Un compagnon fidèle…

Entre 1838 et 1847, Chopin partage sa vie avec l’écrivaine George Sand, qu’il a rencontrée à Paris, par l’intermédiaire de son ami Franz Liszt. 

Aux côtés de George Sand, Chopin passe quelques-uns des moments les plus heureux de son existence, notamment au château de Nohant, où le couple séjourne durant l'été. 

…mais aussi un amoureux transi

Pourtant, lorsque Chopin rencontre George Sand en 1838, il vient tout juste de connaître la plus grande déception amoureuse de sa vie. 

Quelques mois plus tôt, il s’était fiancé à Maria Wodzińska, une amie de jeunesse, mais leur union avait été refusée par les parents de la jeune fille, du fait de l’origine sociale inférieure du compositeur, et (probablement) de son mauvais état de santé. 

Un parisien mondain…

Lorsqu’il découvre Paris, en 1831, Chopin tombe immédiatement sous le charme de la capitale française, qu’il décrit alors comme « le plus beau des mondes ». Très vite adopté par la communauté artistique parisienne, il mène un train de vie mondain, se produit en concert dans les salons, et lie de solides amitiés, notamment avec le peintre Eugène Delacroix et le musicien Franz Liszt.

… mais aussi un Polonais arraché à sa patrie

Quand éclate l’insurrection du peuple polonais en novembre 1830, Chopin séjourne à Vienne, et il lui est impossible de rentrer à Varsovie. Il voyage alors jusqu'en France, s'installe à Paris, et s'il se plait beaucoup dans la capitale française, Chopin souffrira toute de sa vie de l'éloignement avec son pays natal, la Pologne. 

« Je suis inactif ici, moi, les mains vides, je soupire seulement de temps en temps, j’épanche mon désespoir sur le piano. A quoi cela sert-il ? » (Chopin, sur le chemin de Paris, en 1831)

La maladie finit par emporter Frédéric Chopin à l’âge de 39 ans, le 17 octobre 1849.

Selon ses dernières volontés, son corps est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise, tandis que son cœur est transféré à l’église Sainte-Croix de Varsovie.