Venezuela : une musicienne emprisonnée pour avoir critiqué le gouvernement

Karen Palacios Pérez, jeune clarinettiste de 25 ans, a été arrêtée par les autorités vénézuéliennes. Son tort : avoir critiqué le gouvernement sur les réseaux sociaux. Elle est retenue depuis plus d'un mois dans un établissement fermé.

Venezuela : une musicienne emprisonnée pour avoir critiqué le gouvernement
Nicolas Maduro, président contesté du Venezuela, © Getty / Matias Delacroix / Intermittent

Des messages publiés sur les réseaux sociaux auraient provoqué l’emprisonnement de Karen Palacios Pérez. Sur Twitter, la clarinettiste de 25 ans a affirmé qu'elle avait été renvoyée de l'orchestre philharmonique national du Venezuela à cause de son positionnement politique. En 2017, un référendum est organisé dans le pays, l'une des questions porte sur la tenue d'élections législatives anticipées. Dès le début, le gouvernement de Nicolas Maduro annonce qu'il rejettera le scrutin. Les personnes qui viennent voter doivent signer un papier, attestant de leur passage. C'est ce qu'a fait Karen Palacios Pérez. Renvoyée de l'orchestre, elle crie son mécontentement sur internet et attaque notamment le gouvernement en place.

Arrestation arbitraire et mauvais traitements

Le 1er juin 2019, elle reçoit la visite de la DGCIM (l'équivalent du contre-espionnage), chez elle, dans l'état de Miranda. Selon la famille de Karen Palacios Pérez, les agents se seraient fait passer pour des professeurs de musique. Emmenée dans leurs locaux, ils la gardent plusieurs jours. Le 18 juin, elle est envoyée à Los Teques, dans un établissement de rétention pour femmes. Toujours selon sa famille, elle aurait été menacée et torturée. « Ils l'ont empêchée de dormir, l'ont privée de lumière », a témoigné sa mère dans le quotidien El Nacional. « Ils lui ont aussi dit qu'ils allaient la tuer », poursuit-elle. Elle est emprisonnée dans une cellule pourvue de deux lits, mais où vivent neuf autres détenues. Sa mère assure qu'à cause de ces mauvais traitements, sa fille souffre de graves maux de dos.

Une famille dans l'incertitude

La défense de Karen Palacios Pérez est assurée par le Forum pénal vénézuélien. D'après son président elle bénéficie pourtant d'un ordre de libération daté du 18 juin, jour où elle a quitté la DGCIM. L'affaire n'a pas été rendue publique immédiatement, la justice ayant fait pression sur ses proches, leur disant que son cas serait plus vite réglé sans médiatisation. « Tous ses droits ont été violés », assure un membre de sa famille. Aujourd'hui, elle est toujours retenue à Los Teques.

Les déboires de cette jeune musicienne vénézuélienne rappelle ceux du violoniste Wuilly Arteaga. Âgé d'une vingtaine d'années, il avait été arrêté à Caracas lors des manifestations de 2017. Disparu durant plusieurs semaines, il était en fait détenu par la police vénézuélienne, qui l'avait également battu. Une fois son histoire médiatisée, les autorités l'avait libéré. Il a trouvé refuge aux États-Unis.