Près de trente ans après un accident, une violoniste handicapée rejoue par la pensée

Violoniste professionnelle, Rosemary Johnson a été victime d'un grave accident de la route en 1988. Depuis, elle est lourdement handicapée. Grâce à des capteurs placés sur son crâne, elle a pu rejouer de la musique pour la première fois.

Près de trente ans après un accident, une violoniste handicapée rejoue par la pensée
Rosemary Johnson a pu refaire de la musique grâce à des capteurs placés sur son crâne, © Getty / Arifoto UG / DPA

En 1988, Rosemary Johnson, violoniste au sein de l'Orchestre national de l'Opéra du Pays de Galles, est victime d'un grave accident de la route alors qu'elle se rend à un concert. Elle en sort lourdement handicapée et sa carrière s'achève alors qu'elle n'a que 22 ans. Depuis, elle se déplace en fauteuil roulant et ne peut plus parler. Grâce à l'université de Plymouth, elle a pu rejouer de son instrument.

Tenir son violon reste impossible mais les chercheurs ont développé un casque relié à des électrodes et capable de lire les impulsions électriques produites par le cerveau. Munie de cet outil, Rosemary Johnson doit se concentrer sur des couleurs correspondant à des notes. Sa pensée est retranscrite sur un écran, semblable à une partition classique, et peut être jouée par un soliste ou un petit orchestre. Il lui est aussi possible d'agir sur la durée et le volume des notes.

Des essais très émouvants

Rosemary Johnson a été épaulée par une amie violoniste, Alison Balfour-Paul. « J'ai accepté car Rosemary et moi étions collègues, il y a 29 ans », a-t-elle déclaré à la BBC. C'est elle qui a joué la musique pensée par Rosemary Johnson lors des premiers essais, réalisés fin juillet. Le système peut encore être amélioré. Pour l'instant, la violoniste victime d'un handicap doit choisir entre quatre notes à chaque fois. Elle sélectionne celles qu'elle souhaite entendre avec ses yeux, qui agissent sur l'écran comme une souris d'ordinateur.

« Lors des premiers tests avec Rosemary, nous étions en larmes », a déclaré le compositeur Eduardo Reck Miranda, l'un des instigateurs du projet. « Nous pouvions sentir la joie que cette musique lui procurait » a-t-il poursuivi. Ce spécialiste de la musique électro-acoustique espère à présent que davantage de personnes pourront profiter de cette technologie.