« Une vie de gloire et de souffrance - Le mythe de Beethoven sous la 3ème République » par Marie Gaboriaud

Sélectionné au Prix France Musique des Muses 2018, Marie Gaboriaud est l'auteur de « Une vie de gloire et de souffrance - Le mythe de Beethoven sous la 3ème République » publié chez Classique Garnier. Rencontre avec l'auteur, et présentation de l'ouvrage.

« Une vie de gloire et de souffrance - Le mythe de Beethoven sous la 3ème République » par Marie  Gaboriaud
" Une Vie de gloire et de souffrance " de Marie Gaboriaud, © France Musique

Quelques mots sur Marie Gaboriaud

Marie Gaboriaud est agrégée de Lettres Modernes et docteure en littérature française. Après avoir mené des études en France et en Allemagne, et enseigné au lycée et à l’université, elle est actuellement lectrice d’échange à l’Université de Gênes, et chargée de coopération universitaire pour l’Institut français en Italie.

Une vie de gloire et de souffrance - Le mythe de Beethoven sous la 3ème République

Comment Beethoven est-il devenu un mythe ? C’est principalement dans la littérature musicale de la Troisième République qu’il faut chercher la réponse. C’est en effet à ce moment-là que Beethoven devient non seulement un personnage de fiction, mais aussi un personnage intégré au canon français, doté de toutes les valeurs morales et idéologiques qui fondent alors la construction de l’identité nationale. Ce mythe se déploie dans un vaste ensemble qui forme une véritable littérature beethovénienne, marquée par les emprunts à la littérature épique et hagiographique, mais aussi à la littérature populaire, littérature dans laquelle Beethoven trône, héros ou bouffon.

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Cet ouvrage est issu de la thèse de doctorat que j’ai soutenue en 2015. C’est évidemment un livre important puisque c’est le premier ! Il est le fruit de mes années de formation universitaire est en constitue en quelque sorte la synthèse La thèse est un moment difficile mais aussi un moment de liberté, où l’on construit sa pensée à partir de ce que l’on est ; j’ai réussi à y conjuguer ma passion pour la musique classique, découverte sur le tard, à la fin de l’adolescence, ma fascination pour les phénomènes de construction des images et des valeurs collectives, et mon scepticisme envers les automatismes de catégorisation des textes.

  • Qu’avez-vous cherché à montrer dans cet ouvrage ?

Je voulais établir une synthèse claire des mécanismes qui amènent à l’évidence d’une gloire musicale : celle de Beethoven. Déconstruire les naturalismes, retrouver l’origine et l’évolution des croyances et des icônes est une obsession personnelle. Progressivement sont apparus d’autres enjeux. D’abord, donner à voir la réalité d’un corpus, celui des « discours musicaux », ignorés voire méprisés par le canon universitaire, éclatés entre différents genres littéraires et para-littéraires. Ensuite, mettre au jour des phénomènes d’ordre idéologique et politique, comme le virilisme, la gynophobie, la construction de l’identité nationale ou la progression des idées de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Je continue à travailler sur les liens entre musique et littérature et sur les phénomènes de construction des « gloires » artistiques, mais mes recherches s’orientent davantage vers la littérature populaire, musicale ou non. J’ai la chance d’être intégrée cette année à une équipe de recherche très dynamique, à Gênes, qui me permet aussi d’élargir mes recherches à la littérature contemporaine.

Librairies partenaires du Prix France Musique des muses