Une lettre antisémite de Wagner proposée aux enchères à Jérusalem

Une lettre écrite par le compositeur Richard Wagner est proposée aux enchères, mardi, lors d'une vente organisée à Jérusalem. Le document comporte de nombreux passages antisémites.

Une lettre antisémite de Wagner proposée aux enchères à Jérusalem
Le directeur de la maison d'enchères tenant la lettre de Richard Wagner, © AFP / MENAHEM KAHANA / AFP

L'œuvre de Richard Wagner est très peu jouée en Israël. Les quelques concerts parfois donnés sont boycottés. Pourtant, le mardi 24 avril, la maison d'enchères Kedem, basée à Jérusalem, propose à la vente une lettre au contenu antisémite signée par le compositeur allemand. Le document est daté du 25 avril 1869, la vente se déroule donc presque 149 ans jour pour jour après sa rédaction. Il est adressé à l'écrivain français Édouard Schuré, musicologue averti. Richard Wagner y expose son sentiment antisémite, qu'il avait déjà exprimé dans son essai La Judéité dans la musique, publié une première fois en 1850 et republié en 1869, année d'envoi de la lettre en question. «Le Français connaît très peu de choses sur les Juifs », écrit le compositeur, avant d'affirmer que l'esprit juif a  «une influence corrosive sur la culture moderne ».

Un des derniers éléments de culture allemande boycotté en Israël

C'est la première fois que cette maison d'enchères  vend un objet en rapport avec Richard Wagner, explique son propriétaire et co-fondateur Meron Eren. « S'il savait qu'un juif barbu, à Jérusalem, faisait des affaires avec sa lettre, il se retournerait dans sa tombe », plaisante-t-il dans un entretien avec l'AFP. La musique wagnérienne est l'un des derniers éléments de culture allemande boycotté en Israël. Maintenant, « les Israéliens conduisent des Volkswagen, les Mercedes sont un symbole de statut de social », détaille Jonathan Livny, directeur de l'Israel Wagner Society.