Souvenirs de Nantes avec le clarinettiste Raphaël Sévère

Au milieu de l’effervescence du festival de la Folle Journée de Nantes, le clarinettiste Raphaël Sévère profite d’une pause entre deux concerts pour nous emmener sur ses lieux nantais favoris et partager quelques souvenirs de sa ville natale.

Souvenirs de Nantes avec le clarinettiste Raphaël Sévère
Raphaël Sévère au Lieu Unique, © Radio France / Aliette de Laleu

Il pleut sur Nantes mais les gouttes de pluie ne découragent pas Raphaël Sévère, jeune clarinettiste nantais. Il enfile sa veste et nous emmène découvrir le Jardin des plantes, petit havre de paix à deux pas de la gare agitée. Le musicien est nantais et a même étudié à deux pas de ce coin de verdure avant de rejoindre la capitale pour intégrer le conservatoire national de Paris.

La Folle Journée lui permet de replonger dans ses souvenirs d’enfance et de retourner auprès de ses parents qui habitent une ville proche de Nantes et qui ne rate pas l'occasion d'aller applaudir leur fils sur l'une des nombreuses scènes du festival de la Folle Journée.

Le Lieu Unique

Le Lieu Unique a été installé dans une ancienne usine de biscuits LU, d’où son nom. « Aujourd’hui c’est surtout un lieu dédié à l’art pictural. Beaucoup d’expositions sont organisées et ils ont installé un bar vraiment sympa, juste à côté de la Folle Journée [à la cité des congrès, ndlr], c’est pratique. Ils ont aussi une petite salle pour donner des concerts. » Le clarinettiste est un habitué du festival et a déjà joué au LU.

Malgré sa carrière fulgurante, seule la Folle Journée lui permet de venir jouer à Nantes. « Nul n’est prophète en son pays », plaisante Raphaël Sévère qui n’a encore jamais eu l’occasion de donner un concert avec l’Orchestre national des Pays de la Loire par exemple. Mais peu importe, pour lui, ce festival est différent et en ressort épuisé mais satisfait. « On vit des choses que l’on ne verrait pas ailleurs… Tout le monde se donne à fond, joue le jeu. On est porté par une énergie unique. » Une énergie qui lui permet de tenir un programme chargé : 6 concerts en 2 jours dans des programmes différents et exigeants.

Se ressourcer au Jardin des plantes

Pour se reposer, se ressourcer, Raphaël Sévère se rapproche de la nature. C’est du côté du Jardin des plantes de Nantes, « un endroit très très beau », que le musicien nous emmène. « Dès que je suis dans un parc, je me sens plus apaisé ». Dans son appartement de Montreuil, proche de Paris, il comble l’absence de nature en allant régulièrement se promener dans le bois de Vincennes. « Je me suis aussi créer chez moi un petit cocon. J’ai deux chats et j’ai planté plein de choses ! Des plantes d’intérieur qui font un peu respirer le tout. »

En passant à côté de l’orangerie du Jardin des plantes, le clarinettiste se souvient de quelques concerts qu’il a donné là, plus jeune. Une petite scène intime qui ne devait pas l’impressionner étant donné l’histoire de son premier concert. « L’été, je faisais des stages. Un hautboïste chinois m’avait repéré et voulait absolument que je vienne jouer en Chine pour les 250 ans de la naissance de Mozart. Il m’a fait venir à Macao. J’ai donné un mouvement du concerto pour clarinette de Mozart. Le concert était filmé et avec le recul j’ai réalisé que c’était un grand événement. Mais je stressais moins qu’aujourd’hui… », raconte le musicien.

L’île du quai de Versailles

Raphaël Sévère se dit même de plus en plus stressé avant de monter sur scène. « Plus on joue une œuvre, plus on sera exigeant avec elle ». Ce n’est donc pas un hasard s’il choisit comme troisième coup de cœur un autre lieu de détente. « C’est mon lieu préféré à Nantes. Une petite île piétonne sur un bras de la Loire qui s’appelle l’île du quai de Versailles. C’est tout petit, avec des jardins japonais partout. C’est un lieu inspirant, comme un grand jardin zen. »

Un endroit calme comme on en trouve peu à Paris, une ville « magique, incroyable mais très impersonnelle », commente le clarinettiste. « J’ai parfois une petite nostalgie de ma ville, Nantes, surtout quand on grandit dans les grands espaces et qu’on se retrouve dans un petit appartement ».

Pour remédier à la mélancolie, il retrouve chaque année le festival de la Folle Journée, en ressort épuisé mais garde un enthousiasme communicatif, que ce soit sur scène ou dans la vie quotidienne.