Rencontre avec Nicolas Ramez, révélation des Victoires de la musique classique 2018

Le corniste Nicolas Ramez est nommé dans la catégorie “Révélations soliste” des Victoires de la musique classique 2018 . Rencontre et portrait en cinq questions.

Rencontre avec Nicolas Ramez, révélation des Victoires de la musique classique 2018
Le corniste Nicolas Ramez est nommé dans la catégorie soliste des Victoires de la musique classique 2018, © Radio France / Nathalie Guyon

Nicolas Ramez joue du cor depuis l’âge de 7 ans. Après des études au conservatoire de Nantes pendant 10 ans, il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 2011 où il suit les cours pendant dans la classe d’André Cazalet. En janvier 2016 il occupe le poste de premier cor solo à l’Orchestre de chambre de Paris avant d’intégrer à la rentrée 2017 l’Orchestre philharmonique de Radio France.

  • France Musique : Comment avez-vous commencé le cor ?

Nicolas Ramez : Je suis bercé depuis tout petit par la musique classique car mes parents étaient tous deux musiciens. Un jour, ils m’ont fait écouter les concertos pour cor de Mozart, et ça a été une révélation. C’est un moment dont je ne me souviens pas vraiment, on me l’a surtout raconté, mais depuis ce jour-là je n’ai pas décroché de mon instrument. Le cor a toujours été ma vocation. Je suis tombé amoureux d’un son. Avant même d’entendre ces concertos, je reconnaissais les instruments dans des musiques pour orchestre, et le cor m’attirait naturellement.

  • A quoi pensez-vous quand vous jouez ?

Je pense à ce que j’ai à faire. Même s’il y a tout un travail fait en amont pour être le plus libre possible au niveau de l’interprétation, on est toujours dans une forme de contrôle. Il faut savoir exactement à quoi on pense et ne pas tomber dans le confort de s’écouter soi-même car c’est là que le danger arrive, quand on n’est pas assez concentré sur ce que l’on fait.

En orchestre, on est davantage comme un pion sur un échiquier. Quand arrive le moment de jouer, on retrouve le type de concentration que lorsqu’on joue seul, mais c’est une concentration différente car on a (contrairement à ce que l’on pourrait penser) moins de choses à gérer qu’en musique de chambre où l’on est obligé d’être attentif à ce que chacun fait, ce qui est plus intense.

  • Comment travaillez-vous votre instrument ?

C’est avant tout un travail technique car le cor n’est pas un instrument qui a beaucoup de possibilités en termes de virtuosité, contrairement à un violon, une clarinette ou un piano. On a un gros travail “d’entretien technique” pour qu’une fois sur scène on n’ait presque plus rien à travailler. Avec le cor, comme pour tous les instruments,on fait des gammes, des arpèges, on travaille son détaché, son souffle, les poses de sons. En travail technique, cela représente au moins une heure quotidienne, si ce n’est plus.

  • Si vous n’aviez pas été musicien, vous auriez été...

Je pense que j’aurais travailler dans la mécanique, c’est un domaine qui m’aurait intéressé. Mais je n’ai en fait jamais vraiment réfléchi à cette question.

  • Dans le programme que vous jouez ce soir, est-ce qu’une oeuvre vous tient plus à cœur et pourquoi ?

La pièce qui me tient le plus à cœur est l’Adagio et l’Allegro de Schumann. C’est l’une des pièces maîtresses de notre répertoire pour cor et piano, et de musique de chambre en général. Une musique qui a été écrite pour le cor, reprise après par le violoncelle, l’alto et d’autres instruments qui se sont appropriés cette pièce, mais à l’origine elle est écrite pour mon instrument. Je l’ai jouée beaucoup de fois et j’aime défendre la version pour cor, la version originale.

Nicolas Ramez lors du concert des Révélations