Raphaëlle Moreau, révélation des Victoires de la musique classique 2020

La violoniste Raphaëlle Moreau est nommée dans la catégorie “Soliste instrumental” des Victoires de la musique classique 2020. Rencontre et portrait en cinq questions.

Raphaëlle Moreau, révélation des Victoires de la musique classique 2020
La violoniste Raphaëlle Moreau fait partie des nommés aux Révélations des Victoires de la Musique Classique 2020, © GUYON Nathalie

Raphaëlle Moreau a été nommée Révélation pour les Victoires de la musique classique édition 2020 dans la catégorie "Soliste instrumental". Cette violoniste de 23 ans vit la musique comme un moyen de partager sa passion. Nous l'avons rencontrée lors de ses répétitions à la salle Gaveau à Paris, juste avant le Concert des Révélations du mercredi 16 janvier.

France Musique : Pourquoi  avoir choisi le violon ? 

Raphaëlle Moreau : Je viens d'une famille de mélomanes, mais mes parents ne sont pas musiciens. Mon grand frère faisait déjà du violoncelle et moi, je voulais mon propre instrument.  J'ai trouvé le violon très féminin, très beau. Mes parents m'ont amenée voir des concerts d'Anne-Sophie Mutter et je trouvais cela très beau, elle jouait du violon habillée de toutes ces belles robes. J'avais trois ans et je pense que je suis tombée amoureuse du violon aussi pour les tenues d'Anne-Sophie Mutter. 

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre instrument ?

J'ai commencé très tôt, à l'âge de trois ans, et au début on commence avec une boîte à chaussures en guise de violon et un bout de bois comme archet. J'ai commencé avec la méthode Suzuki, c'est une méthode très ludique. On ne travaille pas vraiment, il y a beaucoup de travail du corps aussi, de jouer allongé, assis, ou en marchant, c'est très amusant pour les enfants. Quand j'étais petite, c'était vraiment un jeu. Mais quand on est petit, c'est les parents qui poussent les enfants. Plus tard, c'est devenu quelque chose de normal, parce que j'ai trois frères qui sont qui sont tous musiciens. Jouer d'un instrument, c'était comme aller à l'école, déjeuner, dîner, boire de l'eau, se coucher.  Travailler l'instrument a donc très tôt fait partie d'une routine de vie. 

Vous auriez pu faire autre chose? 

On ne se pose pas vraiment la question. C'est vrai que très jeune, je savais que je voulais devenir violoniste. C'était évident. Il n'y a jamais eu un jour où j'ai eu une révélation en me disant : c'est bon, je vais y aller. Plus tard, à l'adolescence, je me suis demandé si c'était vraiment ce que je voulais faire, parce que je ne m'étais jamais vraiment posé la question. Finalement, c'était une évidence, je me suis rendu compte que j'avais besoin de la musique, j'avais besoin de m'exprimer et j'avais besoin de la scène aussi. 

Si vous aviez la possibilité de rencontrer ou de jouer avec un musicien célèbre, mort ou vivant, ce serait qui? 

J'aimerais bien rencontrer Beethoven. De ce qu'on entend, de ce qu'on lit, et puis de sa musique, surtout, il avait l'air d'être quelqu'un d'extraordinaire, cela aurait été génial de le rencontrer. Et parmi les interprètes, je pense à Yo-Yo Ma et Oistrakh, à la fois pour le coté artiste et le coté humaniste.  La personnalité artistique et la dimension humaine sont extrêmement liées en général, et particulièrement chez ces deux interprètes. 

Avez-vous un disque ou une oeuvre de chevet  ?

Les quatuors de Beethoven, surtout les derniers. Ce sont les œuvres les plus complexes, que je peux écouter 150 fois et je reste toujours surprise. Ils continuent de me toucher à chaque fois que je les écoute, quelle que soit la version. Moi même, je fais déjà beaucoup de musique de chambre, c'est ce que je fais le plus souvent aujourd'hui. Elle me nourrit quand je joue en concert, en récital ou quand je suis  violon solo dans des orchestres. Pour moi, c'est la base de la musique.

Vidéos de Raphaëlle Moreau

Maurice Ravel, Sonate en sol majeur, Blues 

Cecile Chaminade,  Serenade, arrangement de Kreisler 

Henryk Wieniawski,  Scherzo Tarentelle 

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