Quelles sont les meilleures versions de L'élixir d'amour, la Périchole et la Traviata ?

Séverine Garnier, Piotr Kaminski, Joël Raffier, Nathalie Schyler élisent les versions de référence d’airs et de duos de L’élixir d’amour de Donizetti, La Périchole d’Offenbach et La Traviata de Verdi.en public au Grand Théâtre de Bordeaux le 23 mars 2018.

Quelles sont les meilleures versions de L'élixir d'amour, la Périchole et la Traviata ?
(g>d) Gaetano Donizetti © DP / Jacques Offenbach photographié par Nadar © Gallica - DP / Giuseppe Verdi © collection De Agostini / Getty

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 08 avril 2018.

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Quelle est la meilleure version de « Ecco il magico liquore » (L’élixir d’amour) de Donizetti ?

compte-rendu:

Si Giuseppe di Stefano campe un Nemorino naïf à souhait, le timbre est un peu aigre, et le chef tient mal l’ensemble.

Tout le contraire de John Pritchard : la direction est précise, mais Nemorino/Domingo peine à suivre le rythme et le débit des mots.
D’une voix somptueuse Roberto Alagna incarne un Nemorino idéal de naturel, face à un Dulcamara un peu léger.

On peut, ou non, lui préférer le Nemorino de Luciano Pavarotti, ténor solaire, théâtral et spirituel face au Dulcamara vaniteux à souhait de Spiro Malas. Très bien dirigé par Richard Bonynge, c’est l’Elixir qu’on emporte !

palmarès:

N°1   Version C
Luciano Pavarotti, Spiro Malas, English Chamber Orchestra, dir. Richard Bonynge (Decca, 1970)

L'élixir d'amour de Donizetti par Luciano Pavarotti
L'élixir d'amour de Donizetti par Luciano Pavarotti, © CD Decca

N°2   Version D
Roberto Alagna, Bruno Pratico, English Chamber Orchestra, dir. Marcello Viotti (Erato, 1992)

L'élixir d'amour de Donizetti par Roberto Alagna
L'élixir d'amour de Donizetti par Roberto Alagna, © CD Erato

N°3   Version B
Plácido Domingo, Geraint Evans, Orchestre du Covent Garden de Londres, dir. John Pritchard (Sony, 1977)

L'élixir d'amour de Donizetti par Placido Domingo
L'élixir d'amour de Donizetti par Placido Domingo, © CD Sony

N°4   Version A
Giuseppe di Stefano, Fernando Corena, Orchestre du Mai Musical Florentin, dir. Francesco Molinari-Pradelli (Decca, 1955)

L'élixir d'amour de Donizetti par Giuseppe di Stefano
L'élixir d'amour de Donizetti par Giuseppe di Stefano, © CD Decca

Quelle est la meilleure version de « Ah ! Quel diner je viens de faire ! » (La Périchole) d’Offenbach

compte-rendu:

Anne Sofie Von Otter franchit les limites du bon goût, dans une griserie qui dérape sérieusement.

La Périchole de Teresa Berganza ? Trop ampoulée et dans le contrôle : une interprétation comme contrefaite.

A son tour, Régine Crespin joue à contre-emploi, Tosca perdue dans l’opéra-bouffe d’Offenbach. Direction pétillante d’Alain Lombard.

On aimerait que Frederica von Stade surveille moins son chant et sa dignité : peu de joie et d’ébriété dans cette griserie bien triste.

Voici une lady qui s’étourdit avec beaucoup de chic… et d’artifice : Felicity Lott trouve-t-elle le ton juste ou en fait-elle trop ?

Qui dira le naturel, le français parfait, le ton tout simplement évident de Suzanne Lafaye ? C’est miraculeux ! Direction aux petits oignons d’Igor Markevitch.

palmarès:

N°1   Version D
Suzanne Lafaye, Orchestre de l’Association des Concerts Lamoureux, dir. Igor Markevitch (EMI, 1958)

La Périchole d'Offenbach par Suzanne Lafaye
La Périchole d'Offenbach par Suzanne Lafaye, © CD Erato/EMI

N°2   Version B
Felicity Lott, Graham Johnson (Forlane, 1996)

La Périchole d'Offenbach par Felicity Lott
La Périchole d'Offenbach par Felicity Lott, © CD Forlane

N°3   Version C
Frederica Von Stade, London Philharmonic Orchestra, dir. John Pritchard (Sony, 1976)

La Périchole d'Offenbach par Frederica Von Stade
La Périchole d'Offenbach par Frederica Von Stade, © CD Sony

N°4   Version F
Régine Crespin, Orchestre philharmonique de Strasbourg, dir. Alain Lombard (Erato, 1976)

La Périchole d'Offenbach par Régine Crespin
La Périchole d'Offenbach par Régine Crespin, © CD Erato

N°5   Version A
Teresa Berganza, Orchestre du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson (EMI, 1981)

La Périchole d'Offenbach par Teresa Berganza
La Périchole d'Offenbach par Teresa Berganza, © CD EMI

N°6   Version E
Anne Sofie Von Otter, Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (DG, 2001)

La Périchole d'Offenbach par Anne Sofie von Otter
La Périchole d'Offenbach par Anne Sofie von Otter, © CD DG

Quelle est la meilleure version de « Libiamo » (La Traviata de Verdi ?)

compte-rendu:

Féline, Angela Gheorghiu joue de son timbre de cristal, face à un Alfredo fruste (Frank Lopardo) et sans séduction vocale. Et comme Solti est sérieux !

A nouveau, Renata Scotto compose un personnage de diva, laissant peu de place à son Alfredo, un Gianni Raimondi fade, quand Votto n’apporte guère de tension.

D’un côté un Alfredo poète, un Carlo Bergonzi de rêve, de l’autre une Violetta, Montserrat Caballé, surtout préoccupée par son timbre de nacre et son chant apollinien. Ce n’est pas assez, d’autant que Prêtre y va assez lourdement.

Revoici Carlo Bergonzi, plus raffiné et aristocrate encore que dans le précédent enregistrement : son Alfredo rencontre une Violetta de rêve (Joan Sutherland), si parfaite techniquement qu’on en reste pantois. Et l’esprit y est !

Le couple d’amoureux se forme là, sous nos yeux : Plácido Domingo, latin, sensuel et viril, et Ileana Cotrubas, soprano aux inflexions touchantes et au timbre plus vulnérable. La magie opère aussi grâce à la précision et l’urgence du geste de Carlos Kleiber.

L’éclat de l’amour brûle dans la voix et l’élan de Rolando Villazón, quand, en quelques mots, Anna Netrebko, tisse le destin de Violetta : on est emporté par leur tempérament et leur jeunesse, à l’unisson de la direction de Carlo Rizzi.

palmarès:

N°1   Version F
Anna Netrebko, Rolando Villazón, Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Vienne, dir. Carlo Rizzi (DG, 2005)

La Traviata de Verdi par Anna Netrebko & Rolando Villazon
La Traviata de Verdi par Anna Netrebko & Rolando Villazon, © CD DG

N°2   Version C
Ileana Cotrubas, Plácido Domingo, Choeurs et Orchestre du Bayrisches Staatsoper, dir. Carlos Kleiber (DG, 1977)

La Traviata de Verdi par Ileana Cotrubas & Placido Domingo
La Traviata de Verdi par Ileana Cotrubas & Placido Domingo, © CD DG

N°3   Version D
Joan Sutherland, Carlo Bergonzi, Chœurs et Orchestre du Mai Musical Florentin, dir. John Pritchard (Decca, 1963)

La Traviata de Verdi par Joan Sutherland & Carlo Bergonzi
La Traviata de Verdi par Joan Sutherland & Carlo Bergonzi, © CD Decca

N°4   Version E
Montserrat Caballé, Carlo Bergonzi, Choeurs et Orchestre de la RCA Italienne, dir. George Prêtre (RCA, 1967)

La Traviata de Verdi par Montserrat Caballé & Carlo Bergonzi
La Traviata de Verdi par Montserrat Caballé & Carlo Bergonzi, © CD RCA

N°5   Version B
Renata Scotto, Gianni Raimondi, Chœurs et Orchestre de la Scala de Milan, dir. Antonino Votto (DG, 1962)

La Traviata de Verdi par Renata Scotto & Gianni Raimondi
La Traviata de Verdi par Renata Scotto & Gianni Raimondi, © CD DG

N°6   Version A
Angela Gheorghiu, Frank Lopardo, Chœurs et Orchestre du Covent Garden de Londres, dir. Georg Solti (Decca, 1994)

La Traviata de Verdi par Angela Gheorghiu & Frank Lopardo
La Traviata de Verdi par Angela Gheorghiu & Frank Lopardo, © CD Decca