Quelles sont les meilleures versions d'Isolde, de Boris Goudounov et du Chevalier à la rose ?

Mort d'Isolde de Wagner, Mort de Boris Goudounov de Moussorgski et Trio final du Chevalier à la Rose de R. Strauss.

Quelles sont les meilleures versions d'Isolde, de Boris Goudounov et du Chevalier à la rose ?
Richard Wagner, Modeste Moussorgski et Richard Strauss, © Getty

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 23 septembre 2018.

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La Mort d'Isolde de Wagner

Compte-rendu :

On entend beaucoup d’intentions et d’affliction dans la mort d’Isolde de Jessye Norman et Herbert von Karajan : la chaleur du timbre ne fait pas oublier les lenteurs crépusculaires de ce Wagner bien lourd.

Le soprano rond et opulent de Nina Stemme cisèle une Isolde quasi maternelle, plongée dans un orchestre hollywoodien à souhait. Beaucoup d’émotion.
Sous la battue fluide de Karl Böhm, Birgit Nilsson sculpte un son tranchant, porté une lumière irréelle : une Mort radieuse et une Isolde pour l’éternité.

Une couleur inouïe de pureté, des mots faits musique : Margaret Price nous plonge dans un rêve éveillé, entamant une Isolde d’un lyrisme infini, à laquelle Dresde et Kleiber apportent une impression de lévitation.

Palmarès :

N°1
Version C
Margaret Price, Staatskapelle de Dresde, dir. Carlos Kleiber (DG, 1982)

DG, 1982
DG, 1982

N°2
Version A
Birgit Nilsson, Orchestre du Festival de Bayreuth, dir. Karl Böhm (DG, 1966)

DG, 1966
DG, 1966

N°3
Version D
Nina Stemme, Orchestre du Covent Garden, dir. Antonio Pappano (Warner, 2004)

Warner, 2004
Warner, 2004

N°4
Version B
Jessye Norman, Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (DG, 1987)

DG, 1987
DG, 1987

La Mort de Boris Goudounov de Moussorgski

Compte-rendu :

Une indifférence face au texte et au personnage, un orchestre qui ne raconte rien : Nikolai Putilin et Valery Gergiev redoublent d’ennui et d’inexpressivité.

Le Boris de Boris Christoff renvoie à une autre époque : celle où les mots, comme grossis à la loupe, primaient sur la musique et la ligne. Un peu outré mais impressionnant tout de même.

Le timbre de bronze de Nicolaï Ghiaurov apporte au tsar une dimension sacrée : c’est somptueux, en accord avec une phalange (Vienne) et un chef exaltant la palette fauve de l’orchestre de Moussorgski.

Une attention au texte, une composition fouillée et éclairée de l’intérieur : Anatoly Kotcherga éblouit par l’intelligence et le dosage subtil de ses moyens, tandis qu’Abbado et les Berlinois sont les autres acteurs complices de la tragédie.

Palmarès :

N°1
Version C
Anatoly Kotcherga, Orchestre philharmonique de Berlin, dir. Claudio Abbado (Sony, 1993)

Sony, 1993
Sony, 1993

N°2
Version D
Nicolaï Ghiaurov, Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (Decca, 1970)

Decca, 1970
Decca, 1970

N°3
Version A
Boris Christoff, Orchestre national de la RTF, dir. Issay Dobrowen (EMI, 1952)

EMI, 1952
EMI, 1952

N°4
Version B
Nikolai Putilin, Orchestre du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dir. Valery Gergiev (Philips, 1997)

Philips, 1997
Philips, 1997

Le Trio final du Chevalier à la Rose de Richard Strauss

Compte-rendu :

Crespin, Minton et Donath affichent une distance un peu froide derrière l’orchestre brillant et très démonstratif de Solti. Impressionnant à n’en pas douter. Mais touchant ?

La mère de toutes les Maréchales, Lisa Della Casa, rencontre des partenaires dignes de sa légende – Gueden, Jurinac. C’est viennois en diable mais l’artifice guette, que Karajan, tout en alanguissements, encourage ça et là. Un âge d’or… d’un autre âge.

On atteint ici un point d’équilibre parfait – hormis la Sophie aigrelette de Stich-Randall – entre la Maréchale aristocrate d’Elisabeth Schwarzkopf et l’Octavian fougueux de Christa Ludwig. Le tout porté par le geste tendre et enflammé d’un Karajan débordant d’imagination.

Le mariage idéal…. et l’art qui cache l’art : non seulement les trois voix, Fleming, Koch et Damrau, campent admirablement leur personnage, mais celles-ci se fondent tout en se distinguant dans le même temps. Et Thielemann verse la petite goutte de tragique dans ce trio à la fois céleste et charnel. Magique.

Palmarès :

N°1
Version B
Renée Fleming, Sophie Koch, Diana Damrau, Orchestre philharmonique de Munich, dir. Christian Thielemann (Decca, 2009)

Decca, 2009
Decca, 2009

N°2
Version C
Elisabeth Schwarzkopf, Christa Ludwig, Teresa Stich-Randall, Philharmonia Orchestra, dir. Herbert von Karajan (Warner, 1956)

Warner, 1956
Warner, 1956

N°3
Version D
Lisa Della Casa, Sena Jurinac, Hilde Gueden, Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (DG, 1960)

DG, 1960
DG, 1960

N°4
Version A
Régine Crespin, Yvonne Minton, Helen Donath, Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Georg Solti (Decca, 1968)

Decca, 1968
Decca, 1968