Quelle est la meilleure version de la Partita pour clavier n°4 de Johann Sebastian Bach ?

Emmanuelle Giuliani, Alain Lompech et Philippe Venturini élisent la version de référence de la Quatrième Partita pour clavier de Jean Sébastien Bach.

Quelle est la meilleure version de la Partita pour clavier n°4 de Johann Sebastian Bach ?
., © Getty / Lonely Planet

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 04 juin 2017.

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compte-rendu

Seules ont été prises en compte les versions pour piano.

Une solennité, mais pas d’élan, un certain statisme et des zones floues ; sans parler d’un manque de continuité patent : Zhu Xiao-Mei déçoit dans une Quatrième Partita d’où la verve est comme absente.

L’Ouverture, sous les doigts de Rémi Geniet, est un festival de dynamiques : dommage alors que la reprise ne soit pas plus variée, et que l’Allemande, trop voulue dans sa façon de chanter toujours à pleine voix, peine à instaurer un climat, une émotion. Déception.

Quelle entrée fracassante ! Vladimir Feltsman prend la parole avec superbe et se lance dans une Ouverture cinglante, qui hélas privilégie la main droite, avec des aigus qui carillonnent. La fugue qui suit s’effiloche, malgré l’envie de chanter et de swinguer ; ce sera fatal à l’Allemande, grise et morose.

Le trio de tête se départage avec difficulté… entre rejet et adoration. A commencer par Murray Perahia, défendu passionnément par un tribun (et un public majoritaire), qui loue l’énergie et l’équilibre de sa Partita, la poésie et la grâce ailée de chacun des mouvements, quand les autres dénoncent au contraire une synthèse aussi parfaite qu’impersonnelle, synonyme pour eux d’ennui.

Le cas Glenn Gould. Que dire qui n’ait déjà été mille fois écrit et analysé ? Refus du sentiment, leçon de contrepoint, dactylographie glaciale, tension maximale… On peut adorer ou détester, mais comment ne pas être fasciné par cette radicalité si parfaite dans son jusqu’auboutisme ? Ce Bach abrasif, percussif, qui fouille dans les entrailles du piano, ne ressemble décidément à aucun autre.

Voici l’autre version qui divise critiques et public. C’est qu’Igor Levit ne fait rien comme tout le monde : l’Ouverture, pleine de rebonds et toujours cohérente dans sa pulsation, ose la malice ; et si l’Allemande s’alanguit un peu trop, perdant en netteté ce qu’elle gagne en narcissisme, il s’en dégage une atmosphère très sensible, quand Menuet et Gigue eux, explosent de joie… Pourtant cette interprétation est aussi jugée sage et linéaire par l’autre camp. Alors : Levit signe-t-il ou non la grande référence moderne au piano ?

palmarès :

N°1
Version F

Igor Levit (Sony, 2014)

Partitas de Bach par Igor Levit
Partitas de Bach par Igor Levit, © CD Sony

N°2
Version C

Glenn Gould (Sony, 1963)

Partitas de Bach par Glenn Gould
Partitas de Bach par Glenn Gould, © CD Sony

N°3
Version E

Murray Perahia (Sony, 2007)

Partitas de Bach par Murray Perahia
Partitas de Bach par Murray Perahia, © CD Sony

N°4
Version D

Vladimir Feltsman (Nimbus, 1999)

Partitas de Bach par Vladimir Feltsman
Partitas de Bach par Vladimir Feltsman, © CD Nimbus

N°5
Version B

Rémi Geniet (Mirare, 2014)

Partitas de Bach par Rémi Geniet
Partitas de Bach par Rémi Geniet, © CD Mirare

N°6
Version A

Zhu Xiao-Mei (Mirare, 1999)

Partitas de Bach par Zhu Xiao-Mei
Partitas de Bach par Zhu Xiao-Mei, © CD Mirare