Quelle est la meilleure version du Quintette pour piano et cordes n°1 de Fauré ?

Emmanuelle Giuliani, Jean-Charles Hoffelé et Stéphane Friederich élisent la version de référence du Premier Quintette pour piano et corde de Gabriel Fauré.

Quelle est la meilleure version du Quintette pour piano et cordes n°1 de Fauré ?
Gabriel Fauré - peinture de John Singer Sargent © Cité de la musique, Paris

(Ré)écoutez l'émission : La Tribune des critiques de disques du dimanche 9 octobre 2016

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Compte-rendu

Trop rapide, trop superficiel, le Quintette de Fauré selon le Schubert Ensemble devient de la musique d’ameublement. Et puis le piano plante des clous, et les cordes virevoltent avec un optimisme un peu bêta. Non !
 Quand on peine à tenir le tempo, qu’on ne déroule aucune narration et que la grisaille s'installe, que reste-t-il de Fauré ? De l'ennui, et aucune émotion : Pascal Rogé et le Quatuor Ysaÿe passent complètement à côté du Quintette.

D’où vient que le premier mouvement, donné sur un mode vibrant, passionné, s’enchaine à un Adagio qui se délite, avec des musiciens aux abois, sans nulle direction ? Jean-Philippe Collard et leQuatuor Parrenin échouent à sonder cette musique d’une plénitude lumineuse.

De la fraicheur, un jeu à fleur de peau, tel un cœur qui bat : c’est un Fauré allant, fragile et attachant que proposent les Via Nova et le subtil Jean Hubeau. Le piano, d’une poésie liquide, s’accorde mal toutefois avec ces cordes approximatives, un peu prosaïques mais paradoxalement, c’est tout le charme de cette version…

Si le Quintetto di Roma instaure une certaine distance dans son Fauré, il le fait avec équilibre, précision, parvenant, dans l’Adagio, à alier derrière la grande ligne, un climat de désespoir et de puissance supérieure. Superbe au final.

Le piano perlé d’Eric Le Sage et un Quatuor Ebène au grain somptueux écrasent la concurrence. C’est miracle d’entendre ce Quintette aussi accompli : tempo idéal, pulsation interne, arche immense qui, dans le temps et l’espace, laisse s’épanouir le chant apollinien de Fauré, sa douleur rentrée, sa mélancolie indicible. Sorte de barcarole funèbre, le second mouvement laisse nos tribuns sans voix !

Palmarès

N°1
Version D

Quatuor Ebène, Eric Le Sage (Alpha, 2010)


Version D-500
Version D-500

N°2
Version B
Quintetto Fauré di Roma (Claves, 1985)



Version B-500
Version B-500

N°3
Version C

Quatuor Via Nova, Jean Hubeau (Erato, 1970)
 


Version C-500
Version C-500

N°4
Version A
Quatuor Parrenin, Jean-Philippe Collard (EMI, 1978)



Version A-500
Version A-500

N°5
Version E

Quatuor Ysaÿe, Pascal Rogé (Decca, 1995)


Version E-500
Version E-500

N°6
Version F
Schubert Ensemble (Chandos, 2009)

Version F-500
Version F-500

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