Quelle est la meilleure version du Quatuor "Rosamunde" de Franz Schubert ?

Jérémie Cahen, Piotr Kaminski et Philippe Venturini élisent la version de référence du Quatuor Rosamunde de Franz Schubert.

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Compte-rendu

La bonne tenue des Pražák, d’une cohérence parfaite malgré une échelle de dynamiques réduite, ne les empêche pas de manquer de mystères, d’envergure, de souffle tout simplement. Chez les Takács, la mélancolie du premier violon donne un premier mouvement noir, abattu, mais les phrases heurtées du second mouvement fragmentent étrangement la ligne ; on déplorera un manque d’unité dans les couleurs et même, ça et là, un peu de désordre.

Les membres du Quatuor Artemis, aux qualités de timbre exceptionnelles, se lancent dans un chant clair, ardent, sans effet de manche… au risque que la pulsation et le drame s’effacent derrière tant de joliesse.

Chacun reconnaît à la version du Quatuor Hagen sa maitrise et son contrôle, guidés par une pensée souveraine : le ton est intime dans le I, simple et tranquille dans le II, ce que ses détracteurs prennent pour de la platitude, mais peut-être trop sec dans le III. Cérébrale et carrée pour les uns, sensible et intérieure pour les autres, cette lecture d’un classicisme rigoureux ne cherche vraiment pas la séduction immédiate !

Tout oppose les deux finalistes. Le jeu du Quatuor Artis se distingue par ses audaces, ses prises de risques et de paroles bondissantes, qui brossent mille arrière-plans derrière le décor. Si le premier violon se prend pour une diva, son sens de la narration étreint (II), tandis que le menuet vire au caprice macabre : c’est déstabilisant, expressionniste… et magistral dans sa réalisation.

Du grain, de la couleur, des paysages et des sentiments, le tout dans un cadre qui ne débordera pas : le Quatuor Alban Berg explore tous les recoins de la partition, y trouve de la tristesse, des angoisses, et fait vibrer la partition sans excès – comme si, rattrapés par les ombres, les musiciens touchaient à l’infini schubertien sans le chercher. Superbe.

Palmarès

N°1
Version F

Quatuor Alban Berg (EMI, 1984) N°2
Version D

Quatuor Artis (Sony, 1994)

N°3
Version E

Quatuor Hagen (DG, 1985)

N°4
Version A

Quatuor Artemis (Virgin, 2009)

N°5
Version B

Quatuor Takács (Hyperion, 2006)

N°6
Version C

Quatuor Pražák (Praga, 1995)

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