Quelle est la meilleure version du Magnificat d'Arvo Pärt ?

Bertrand Dermoncourt, Séverine Garnier et Emmanuelle Giuliani élisent la version de référence du Magnificat d’Arvo Pärt.

Quelle est la meilleure version du Magnificat d'Arvo Pärt ?
© Michael Zhang

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Compte-rendu

Il est un des fidèles d’Arvo Pärt, celui à qui précisément est dédié le Magnificat. Mais Paul Hillier et son Theatre of Voices, desservis par le souffle de la prise de son, semblent confus, offrant un son trop nu, comme décharné. Les Estoniens entrent en jeu. D’un beau tissu sonore, le Chamber Choir Voces Musicales hésite entre plusieurs chemins, réalisant des fondus limpides mais peinant à imprimer au cantique une inspiration régulière.

La fragilité et la pointe de verdeur des voix d’enfants du King’s College Choir procurent un sentiment d’émerveillement ainsi qu’une grande clarté au Magnificat, faisant ressortir la transparence de la polyphonie. Ce sont aussi les limites de cette version très probe, qui sert davantage les mots que les phrases de Pärt, véritable musique de la stase, si complexe à exécuter sous son habit censément simple.

Adoubé par le compositeur, le Chœur de Chambre Philharmonique estonien divise l’équipe. Dans une prise de son caractéristique du label ECM, forme de brouillard hypnotique cernant chaque mot d’un halo, on s’élève vers une spiritualité abstraite : les infimes oscillations mélodiques, les balancements harmoniques et l’inimitable style tintinnabuli du compositeur résonnent très haut, très loin. Jusqu'à se perdre dans les reflets du miroir ?

La ferveur dans l’épure. Surprenants au premier abord, les Tallis Scholars choisissent la voie intime, le madrigal pour petite assemblée. Une immersion dans le style anglican, un voyage au cœur du Moyen Age restitués dans une plénitude virtuose et avec une intonation parfaite. Atypique mais vivement recommandé.

Une révélation que le Chœur Métaboles ! Homogène et équilibrée, voici la version charnelle et engagée par excellence, profonde dans les basses, exaltant les grandes lignes dans l’aigu. On est dans l’appel, dans la prière, et cet étirement du temps cher à Pärt est rendu avec des silences habités, quasi atemporels. C’est aussi la version qui rallie les suffrages du public.

Palmarès

N°1
Version C

Chœur Métaboles, dir. Léo Warynski (Brillant, 2013) N°2
Version F

Tallis Scholars, dir. Peter Phillips (Gimell, 2015)

N°3
Version D

Chœur de chambre philharmonique estonien, dir. Tonu Kaljuste (ECM, 1993)

N°4
Version E

King’s College Choir, dir. Stephen Cleobury (Virgin, 1994)

N°5
Version B

Chamber Choir Voces Musicales, dir. Risto Joost (ERP, 2009)

N°6
Version A

Theater of Voices, dir. Paul Hillier (HM, 1996)

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