Quelle est la meilleure version du Concerto pour violon en ré Maj. de Tchaïkovski ?

Stéphane Friédérich, Christian Merlin et Antoine Mignon élisent la version de référence du Concerto pour violon en ré Maj. op.35 de Piotr Illitch Tachaïkovski

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**Compte-rendu

Sacrée déconvenue. Voici le légendaire Jascha Heifetz comme gêné techniquement : rien de grave, non, mais ces défauts d’articulation font quand même désordre… Surtout, le virtuose se livre à une lecture sans aspérité du Concerto, donnant, main dans la main avec Reiner, l’impression de le survoler. Agaçant. Equilibre, probité, beauté apollinienne sont les maîtres-mots de Maxim Vengerov** et Claudio Abbado. On goûte au jeu du premier après avoir salué l’élégance du second, mais on n’est ni ému ni emporté par cette version très cadrée, bien neutre en somme. Et puis, certains archets impressionneront davantage…

Il s’en passe des choses dans les échanges fougueux entre Abbado (encore lui !) et Nathan Milstein. Ce violon brille, s’impose, chante à tue-tête, y compris dans un mouvement lent où l'on aimerait davantage entendre la confidence. Mais c’est le style nerveux, offensif du soliste qui finit par lasser : ce romantisme asséné ne laisse plus beaucoup de place à la surprise ou à la fantaisie.

Vadim Repin affirme, de mouvement en mouvement, un ton bien à lui, où l’intériorité et une certaine fragilité confèrent à ces pages un rayonnement serein ; les clins d’œil abondent dans la cadence du premier mouvement, et la Canzonetta du second bouleverse par sa pudeur. C’est un violon anti-héros en quelque sorte, relayé par un Gergiev généreux et opératique.

On peut ne pas avoir la plus belle sonorité du monde et littéralement envoûter, ensorceler par son timbre et ses accents : écoutez Leonid Kogan, avec ses graves rauques, ses phrasés lumineux, cette manière d’investir la musique en permanence. Souple, l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire est certes un peu débraillé, mais cet archet princier murmure, s’envole, enchante en permanence ; la main gauche étourdit par sa dextérité, et le charme – oui, le charme – que dégage ce violon est sans égal. Le public adore.

Inimitable David Oïstrakh ! Son jeu immédiatement éloquent ose tout en termes de plaisir, de sensualité, de fantaisie, sans jamais verser dans le mauvais goût. Le premier mouvement sait créer l’attente, la Canzonetta est entonnée avec une sincérité éperdue, et le Finale, échevelé, bondissant, fait fondre (presque tous) nos tribuns. Mais entre Kogan et le Roi David, le match sera serré… Et pour vous ?

Palmarès

N°1
Version C

David Oïstrakh, Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (Sony, 1962) N°2
Version D

Leonid Kogan, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Constantin Silvestri (Warner, 1959)

N°3
Version B

Vadim Repin, Orchestre du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dir. Valery Gergiev (Philips, 2002)

N°4
Version A

Nathan Milstein, Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Claudio Abbado (DG, 1972)

N°5
Version E

Maxim Vengerov, Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Claudio Abbado (Teldec, 1995)

N°6
Version F

Jascha Heifetz, Orchestre Symphonique de Chicago, dir. Fritz Reiner (RCA, 1957)

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