Quelle est la meilleure version du Concerto pour piano n°26 de Mozart ?

Bertrand Boissard, Elsa Fottorino et Philippe Venturini élisent la version de référence du Concerto pour piano n°26 de Mozart.

Quelle est la meilleure version du Concerto pour piano n°26 de Mozart ?
Constance Weber, Wolfgang Amadeus Mozart et Leopold Mozart, © Getty / Hulton Fine Art Collection

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disque du 09 septembre 2018.

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Compte rendu :

De la largeur, de l’opulence, quelques libertés au clavier et pas mal d’irrégularités de phrasés : le Mozart assez narcissique d’Alfred Brendel joue les gros bras face à une Academy of St Martin in the Fields trop romantique.

Anima Eterna martèle l’introduction, que le chef Jos van Immerseel veut démonstrative, tandis que le pianofortiste joue net, franc, faisant valoir une sonorité un brin crispée et avare d’imagination.

L’Allegro initial convainc sans effort, clair, vif et chantant : Christian Zacharias et ses musiciens cisèlent un Mozart élégant, poétique. Hélas, le Larghetto verse dans le sucré et le sirupeux, phrasés mièvres et ornements plaqués, dans une prise de son qui noie tout. Cruelle déception.
Ce 26ème Concerto est-il pur ou maniéré ? Gracieux ou décoratif ? Maria João Pires peine à faire l’unanimité. Son Mozart est toutefois tendre, mutin, et c’est du côté de l’orchestre que le bât blesse, vents acides, cordes épaisses, direction assénée de Guschlbauer.

Une verve, une alacrité, une évidence : Gardiner et ses English Baroque Soloists se grisent d’un Mozart trépidant, qui respire et se renouvelle continuellement. Le tout main dans la main avec le pianoforte de Malcolm Bilson, lancé dans un jeu de questions/réponses étourdissant. Beaucoup d’émotion et d’intimité dans ce petit théâtre d’opéra.
Des surprises, des embardées, des échanges virtuoses et un allant miraculeux ; quel bijou que le Mozart de Francesco Piemontesi, imaginant la musique à mesure qu’elle se déroule! Le Larghetto entame un chant déchirant, quand le final virevolte. Tout cela avec un goût parfait, un chef (Andrew Manze) et un Orchestre de chambre d’Ecosse à l’unisson, fondant l’héritage des baroqueux dans un geste dramatique et impétueux, plein de clairs-obscurs.

Palmarès :

N°1
Version E
Francesco Piemontesi, Scottish Chamber Orchestra, dir. Andrew Manze (Linn, 2016)

© Linn, 2016
© Linn, 2016

N°2   Version C
Malcolm Bilson, English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Archiv, 1986)

© Archiv, 1986
© Archiv, 1986

N°3   Version F
Maria João Pires, Orchestre de la Fondation Gulbenkian, dir. Theodor Guschlbauer (Erato, 1974)

© Erato, 1974
© Erato, 1974

N°4   Version A
Christian Zacharias, Orchestre de chambre de Lausanne (MDG, 2009)

© MDG, 2009
© MDG, 2009

N°5   Version D
Jos van Immerseel, Anima Eterna (Channel Classics, 1991)

© Channel Classics, 1991
© Channel Classics, 1991

N°6   Version B
Alfred Brendel, Academy of St Martin in the Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1983)

© Philips, 1983
© Philips, 1983