Quelle est la meilleure version du Concerto pour piano "L'Empereur" de Ludwig van Beethoven ?

Brigitte Eusebio, Alisée Hadj Larbi, Anthony Ndika et François Ritter élisent la version de référence du Concerto pour piano « L’Empereur » de Beethoven.

Quelle est la meilleure version du Concerto pour piano "L'Empereur" de Ludwig van Beethoven ?
Ludwig van Beethoven, © peinture de Joseph Karl Stieler (détail) - DP

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 25 juin 2017.

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compte-rendu

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 20 dernières années.

Même si Pierre-Laurent Aimard défend avec incandescence les envolées de Beethoven, la direction de Nikolaus Harnoncourt est jugée lourde, verticale, assommante même. Et puis, que de manières dans l’orchestre !

La Staatskapelle de Dresde offre un écrin cossu, qui dès les premières mesures donne un Empereur héroïque, voire clinquant. Au piano, Hélène Grimaud s’enflamme au premier accord avec, peu à peu, une tendance à jouer trop pour elle ; étiré, le second mouvement laisse à distance, assez froid et sec.

Tout le monde n’est pas d’accord pour sortir si vite la version noble entre toutes de Mitsuko Uchida et Kurt Sanderling. Elle, parce qu’elle déploie un toucher merveilleux, lui parce qu’il tisse un écrin organique et apollinien sous ce Beethoven d’un romantisme souverain. Mais on reproche à l’Adagio ses lenteurs et des poses lénifiantes ; et tant pis pour les pianissimi de rêve d’Uchida…

Voici un tandem qui s’écoute, soucieux de questions, de réponses, de relances et de rebonds. Richard Goode et Iván Fischer sont merveilleux de sensibilité et gèrent superbement les nuances, le premier grâce à un jeu perlé distillant trouble et moments de poésie, le second pour son architecture majestueuse – un rien ostentatoire peut-être. Mais on frôle l’idéal !

Sur un tempo assez fluctuant, Alfred Brendel se lance dans un Empereur fluide, radieux, où tout coule de source. Quelle finesse ! La Philharmonie de Vienne regorge de sonorités capiteuses, et, Simon Rattle, main dans la main avec son soliste, livre un second mouvement altier, mélange de douleur et de sérénité. Une quasi première place.

Difficile de trouver un défaut à l’Empereur de Nelson Freire et Riccardo Chailly ! L’héroïsme de l’Allegro initial resplendit, fougueux, conquérant, avec un chef et un soliste en harmonie, tandis que le II est déchirant dans sa pudeur rentrée. Espiègle, le finale varie les climats et se conclut avec un panache contagieux. La grande version moderne du chef-d’œuvre.

palmarès :

N°1
Version F

Nelson Freire, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dir. Riccardo Chailly (Decca, 2014)

Concerto L'Empereur par Nelson Freire
Concerto L'Empereur par Nelson Freire, © CD Decca

N°2
Version E

Alfred Brendel, Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Simon Rattle (Philips, 1998)

Concerto L'Empereur par Alfred Brendel
Concerto L'Empereur par Alfred Brendel, © CD Philips

N°3
Version B

Richard Goode, Orchestre du Festival de Budapest, dir. Iván Fischer (Nonesuch, 2005)

Concerto L'Empereur par Richard Goode
Concerto L'Empereur par Richard Goode, © CD Nonesuch

N°4
Version D

Mitsuko Uchida, Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, dir. Kurt Sanderling (Decca, 1998)

Concerto L'Empereur par Mitsuko Uchida
Concerto L'Empereur par Mitsuko Uchida, © CD Decca

N°5
Version A

Hélène Grimaud, Staatskapelle de Dresde, dir. Vladimir Jurowski (DG, 2006)

Concerto L'Empereur par Hélène Grimaud
Concerto L'Empereur par Hélène Grimaud, © CD Deutsche Grammophon

N°6
Version C

Pierre-Laurent Aimard, Orchestre de chambre d’Europe, dir. Nikolaus Harnoncourt (Warner, 2002)

Concerto L'Empereur par Pierre-Laurent Aimard
Concerto L'Empereur par Pierre-Laurent Aimard, © CD Warner