Quelle est la meilleure version du Concerto pour deux mandolines d'Antonio Vivaldi ?

Jérémie Bigorie, Emmanuelle Giuliani et Piotr Kaminski élisent la version de référence du Concerto pour deux mandolines d’Antonio Vivaldi.

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Compte-rendu

Bizarre. Tout va comme si, d’un côté l’orchestre jouait dans une pièce, et dans l’attenante, les deux mandolines concertaient avec lui sans le rencontrer. Ni verve, ni éblouissement. La seule version « non baroque » ne fait pas long feu, adieu Sir Marriner. Chaud devant ! Chez Fabio Biondi, l’entrée se fait en fanfares le violoniste italien en oublie presque ses deux mandolinistes, écrasés par cet orchestre touffu. Paradoxalement, quand il s’efface (Andante du deuxième mouvement), les compères sont pris au dépourvus : pas plus de magie que de conviction, et surtout, deux timbres insuffisamment caractérisés – on en viendrait à les confondre !

Enoncé avec clarté et élégance, le premier mouvement plein de dextérité de Paul O’Dette et Robin Jeffrey ne souffre pas de ce problème : on perçoit bien le dialogue entre les deux mandolines, et un certain charme s’instaure… Mais le bonheur est de courte durée : le sublime Andante, hiératique et incolore, croule sous l’ennui.

Rolf Lislevand et Stephen Murphy démarrent en trombe, avec un Allegro initial savoureux, virevoltant, richement articulé. Malheureusement nos deux virtuoses s’égarent à leur tour dans le mouvement lent et pâtissent d’un continuo à la guitare totalement hors sujet ; et puis c’est assez brouillon.

Attention, turbulences. Il Giardino Armonico aime les sons qui grattent. Les pianissimos sont hyper soulignés, les forte, par opposition, réveillent brutalement, et les deux mandolinistes, dans cet ouragan, font preuve de panache – avec des degrés d’inspiration variables. Si l’Andante manque d’unité et de poésie, le troisième mouvement emporte tout sur son passage, retrouvant un naturel qui faisait défaut au premier mouvement.

La chair et l’esprit vivaldiens, c’est Trevor Pinnock qui les trouve, grâce à deux solistes complices et poètes ; leur mouvement lent, dit avec tout et rien à la fois, dégage une rare mélancolie, comme une sérénade éperdue soupirée sous les fenêtres d’une belle. Les détails abondent, coulés dans un discours lumineux, élégant en diable – même si on eut aimé dans le troisième mouvement ce léger frisson, ce délire qui grise. Quelle cohérence pourtant !

Palmarès

N°1
Version C

James Tyler, Robin Jeffrey, The English Concert, dir. Trevor Pinnock (Archiv, 1985) N°2
Version E

Duilio Galfetti, Wolfgang Paul, Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini (Teldec, 1992)

N°3
Version F

Rolf Lislevand, Stephen Murphy (Naïve, 2006)

N°4
Version B

Paul O’Dette, Robin Jeffrey, The Parley of Instruments, dir. Roy Goodman (Hyperion, 1984)

N°5
Version A

Sonia Maurer, Giovanni Scaramuzzino, Europa Galante, dir. Fabio Biondi (Virgin, 2001)

N°6
Version D

James Tyler, Douglas Wootton, Academy of St Martin in the Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1982)

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