Quelle est la meilleure version du Concerto pour Clarinette de Mozart ?

Stéphane Friédérich, Emmanuelle Giuliani et Antoine Mignon élisent la version de référence du Concerto pour clarinette de Mozart.

Quelle est la meilleure version du Concerto pour Clarinette de Mozart ?
Collection Prestige (détail) © DG

Compte-rendu

de La Tribune des Critiques de disques du 06 septembre 2015

  • (Ré)écoutez l'émission Mais qui est le soliste ? Pas forcément celui qu’on croit, car chez Hogwood, l’orchestre occupe tout le terrain. Est-ce pour masquer les verdeurs, le manque de souffle du clarinettiste, un Antony Pay constamment sur le fil ? Cette approche baroquisante ne convainc pas.

A l’opposé absolu, Leonard Bernstein et Peter Schmidl se lancent dans une lecture crépusculaire du chef-d’œuvre de Mozart. Comme si le compositeur avait deviné qu’en l’écrivant il vivait là ces derniers jours. Erreur ! Passé un premier mouvement qui éveille la curiosité, l’Adagio s’étire jusqu’à la caricature, noyé dans un tempo lentissime.

Sabine Meyer se poste au premier plan, et là, pas de doute, c’est elle et elle seule que l’orchestre accompagne. Mais les intentions abondent et se multiplient, jusqu’à brouiller les pistes à se montrer trop agité, on passe à côté de la poésie mozartienne. Dommage.

Au sein d’une masse sonore luxueuse, le timbre de Martin Fröst s’élève avec encore plus de luxe, sans la moindre timidité. Trop beau pour être vrai ? On admire l’onctuosité de l’un, les magnifiques attaques de l’autre – jusque dans la folie rieuse du dernier mouvement, mais quelque chose manque.

L’impression de neutralité dégagée par Marriner et Karl Leister est en trompe-l’œil. Leur version, idéalement dosée, possède l’évidence des grands classiques. La fusion avec l’orchestre est parfaite, jamais la clarinette ne cherche à s’imposer : tout est d’une suprême élégance.

Cette fois, nous voici à l’opéra, c’est le triomphe du bel canto ! Charles Neidich campe des personnages hauts en couleurs, qui brûlent les planches, crient, chantent, rient, murmurent. Sa clarinette (de basset) est un ravissement permanent, lovée dans un Orpheus Chamber Orchestra tendre et mousseux. Une version qui arrive quasi ex-aequo avec la précédente.

Palmarès

N°1 : Version E
Charles Neidich (clarinette de basset), Orpheus Chamber Orchestra (DG, 1987) N°2 : Version A
Karl Leister, Academy of Saint Martin in the Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1988)

N°3 : Version F
Martin Fröst (clarinette de basset), Amsterdam Sinfonietta, dir. Peter Oundjian (Bis, 2002)

N°4 : Version D
Sabine Meyer (clarinette de basset), Staatskappelle de Dresde, dir. Hans Vonk (EMI, 1990)

N°5 : Version B
Peter Schmidl, Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Leonard Bernstein (DG, 1987)

N°6 : Version C
Antony Pay (clarinette de basset), Academy of Ancient Music, dir. Christopher Hogwood (Decca, 1984)

Participez

Votez ci-dessous pour votre version préférée
laissez vos commentaires et tentez de gagner le disque France Musique de la semaine.

Sur le même thème