Quelle est la meilleure version du Concerto Brandebourgeois n°5 de Jean-Sébastien Bach ?

Sophie Bourdais, Christian Merlin et Philippe Venturini élisent la version de référence du Concerto Brandebourgeois n°5 BWV 1050 de Jean-Sébastien Bach.

Quelle est la meilleure version du Concerto Brandebourgeois n°5 de Jean-Sébastien Bach ?
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Compte-rendu

Bien raides, les amis de Musica Antiqua Köln ! Leur Bach, longtemps une référence, semble lancé en pilotage automatique, comme si aucun des trois solistes ne prenait la peine de relancer le mouvement et le dialogue. Voici un Cinquième Brandebourgeois haché menu. C’est le clavecin de Christine Schornsheim qui fait sortir un peu précipitamment la version des Berliner Barock Solisten, où rayonne la flûte d’Emmanuel Pahud. Cette lecture très articulée et assez motorique joue plutôt bien sur l’écoute collective, mais on trouvera mieux ailleurs en terme d’individualités.

Réunis autour du Concert des Nations de Jordi Savall, Biondi et les frères Hantaï divisent l’équipe. La cadence de Pierre Hantaï procure un sentiment de griserie à l’un, les autres n’entendent qu’une virtuosité métronomique. Souple, ce Brandebourgeois opte pour une sonorité fondue, portée par une ligne directrice qui ne faiblit jamais, de fait peut-être un peu trop symétrique. Quelle musicalité quand même !

Ce n’est pas l’Akademie für alte Musik qui va réconcilier les critiques. Ceux qui trouvaient à la version précédente tous les défauts de la terre s’enflamment ici pour la malice, la vivacité de ce Brandebourgeois et les prises de paroles lumineuses de ses solistes. En face, on se montre peu sensible au claveciniste et on trouve l’ensemble bien mécanique.

Brillant, virtuose, spectaculaire : on a, avec Daniel Hope, Jaime Martin et Kristian Bezuidenhout, des numéros de divas à la limite de la surenchère. Qu’importe, la cadence au clavecin, libre, espiègle, dégage un sentiment d’improvisation magistral ! Dommage que le second mouvement, trop rococo, verse dans un léger pathos, car le troisième est bondissant, généreux. Une superbe deuxième place.

Du début à la fin, la version la plus équilibrée, la plus cohérente sera celle de Diego Fasolis. Depuis le clavecin, le chef des Barocchisti règle un Brandebourgeois idéal, où le chant le dispute au charme, l’alacrité à la rondeur : les timbres des trois solistes s’enchâssent, rebondissent sur une texture instrumentale chatoyante, et célèbrent l’esprit du concerto et de la musique de chambre avec une plénitude apollinienne.

Palmarès

N°1
Version E

I Barocchisti, dir. Diego Fasolis (Arts, 2004)

Tribune Bach n°1
Tribune Bach n°1

N°2
Version C

Daniel Hope, Jaime Martin, Kristian Bezuidenhout, Chamber Orchestra of Europe (Warner, 2005)

Tribune Bach n°2
Tribune Bach n°2

N°3
Version B

Akademie für alte Musik (HM, 1997)

Tribune Bach n°3
Tribune Bach n°3

N°4
Version A

Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall (Alia Vox, 1991)

Tribune Bach n°4
Tribune Bach n°4

N°5
Version F

Rainer Kussmaul, Emmanuel Pahud, Christine Schornsheim, Berliner Barock Solisten (Warner, 2000)

Tribune Bach n°5
Tribune Bach n°5

N°6
Version D

Musica Antiqua Köln, dir. Reinhard Goebel (Archiv, 1987)

Tribune Bach n°6
Tribune Bach n°6

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