Quelle est la meilleure version de Cantus Arcticus d'Einojuhani Rautavaara ?

Bertrand Dermoncourt, Jean-Charles Hoffelé et Sarah Léon élisent la version de référence de Cantus Arcticus de Rautavaara.

Quelle est la meilleure version de Cantus Arcticus d'Einojuhani Rautavaara ?
., © Arnaud Marchais

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 28 mai 2017

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compte-rendu :

Le climat du grand Nord met du temps à s’installer – y parvient-il d’ailleurs ? – sous la baguette neutre de Hannu Lintu, tandis que le chant des oiseaux, sur bande magnétique, s’intègre mal à l’ensemble. On a l’impression de passer à côté.

Flûtes, hautbois et des trombones bien patauds peinent à brosser le paysage poétique du Finlandais, et le geste de Leif Segerstam, trop peu incisif, ronronne mécaniquement. Et puis, ces violoncelles sirupeux… non !

Ce soir de mai 2014, à la Salle Pleyel, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France et son chef Mikko Franck portent haut les couleurs de Rautavaara, défendues avec énergie et générosité. En conférant des touches debussystes à ce Concerto pour oiseaux et orchestre, ils font peut-être fausse route, mais on est saisi par cette coulée rugissante et la grande ligne tracée par le chef.

Ce fut, en 1981, l’enregistrement historique de Cantus Arcticus, le premier, réalisé neuf ans après la création de l’œuvre. Dans le premier mouvement, le Marais, la bande s’intègre avec naturel au sein de bois chaleureux, mais Mélancolie, avec ses attaques abruptes, échoue à créer le mystère et l’ineffable.

D’emblée, l’Orchestre de Lahti offre moins de variations dynamiques dans le Marais, et l’équilibre s’instaure tardivement avec le chant des oiseaux. Toutefois Mélancolie étreint, avec ses teintes granitiques, sa minéralité et sa pudeur : Osmo Vänskä déploie un nuancier subtil, dans une mémorable Migration des cygnes ; un vaste espace sonore s’ouvre, qui relie avec subtilité Cantus Arcticus à son lointain devancier Sibelius.

C’est avec l’Orchestre de Leipzig et Max Pommer que les fondus avec la bande magnétique se réalisent le plus subtilement. La douceur des flûtes, le jeu de réponses avec les oiseaux du grand Nord, l’ampleur et la profondeur des cordes confèrent une dimension impressionniste et panthéiste au concerto. Poésie et sens de l’infini : la version idéale pour découvrir cette page sans pareille.

Palmarès :

N°1
Version C

Orchestre symphonique de la Radio de Leipzig, dir. Max Pommer (Ondine, 1989)

Max Pommer dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Max Pommer dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © CD Ondine

N°2
Version D

Orchestre symphonique de Lahti, dir. Osmo Vänskä (Bis, 1992)

Osmo Vänskä dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Osmo Vänskä dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © CD Bis

N°3
Version B

Orchestre symphonique de l’Institut Klemetti, dir. Pertti Pekkanen (Finlandia, 1981)

Pertti Pekkanen dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Pertti Pekkanen dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © CD Finlandia

N°4
Version E

Orchestre philharmonique de Radio-France, dir. Mikko Franck (live, 2014)

Mikko Franck dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Mikko Franck dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © Radio France / J-F Leclercq

N°5
Version F

Orchestre philharmonique d’Helsinki, dir. Leif Segerstam (Ondine, 2004)

Leif Segerstam dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Leif Segerstam dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © CD Ondine

N°6
Version A

Orchestre royal national d’Ecosse, dir. Hannu Lintu (Naxos, 1997)

Hannu Lintu dirige Cantus Arcticus de Rautavaara
Hannu Lintu dirige Cantus Arcticus de Rautavaara, © CD Naxos