Quelle est la meilleure version du Beau Danube Bleu de Johann Strauss ?

Bertrand Dermoncourt (Classica, L’Express), Emmanuelle Giuliani (La Croix) et Christian Merlin (Le Figaro) élisent la meilleure version du Beau Danube Bleu de Johann Strauss II.

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 04 janvier 2015

L’écoute se fait sur la base d’enregistrements de Concerts du Nouvel An à Vienne.

Un Concert du Nouvel An à Vienne ne se résume évidemment pas à son Beau Danube Bleu, il n’empêche : voilà une écoute en aveugle qui va déboulonner quelques idoles.
A commencer par Mariss Jansons (2006), qui déçoit par ses affectations, ses emballements et d’étonnantes approximations !
Beaucoup plus surprenante est la sortie, dès le premier tour, d’Herbert von Karajan (1987). Envahi par des coulées de legato, son Beau Danube Bleu sonne glorieusement, mais que d’or, que d’or ! Dommage, car les cordes offrent un son muri à point.
Seconde surprise de cette bataille sur le Danube : l’élimination du légendaire Carlos Kleiber (1992). Bien sur, l’élégance, le charme fou et tous les crépitements instrumentaux y sont, mais ces poses fantasques et cette mécanique orchestrale excessivement bien huilée sont peut-être trop parfaites pour être vraies et couler avec le naturel voulu.
« Naturel », ce sera la qualité première de la lecture lyrique et aristocratique de Riccardo Muti (2000) : le geste est ferme et l’essence de la valse étourdit à chaque mesure ; avec Muti, on chante et on danse !
Tout autre est la marque de Seiji Ozawa (2002), qui se taille une seconde place âprement disputée : tonalité crépusculaire, parure nostalgique, souvenirs de valse plus que valse, cet esprit viennois convoque Johann Strauss sur le divan de Freud ; un Beau Danube Bleu en rupture avec toutes les traditions, qu’il est urgent de découvrir.
Enfin, est-ce une surprise ? Nikolaus Harnoncourt (2003) livre une version irrésistible, enjôleuse, subtile, dansante, caressante, riche de mille détails mais jouée avec une nécessité organique, sans le moindre clinquant ; c’est Le Beau Danube Bleu qu’il faut connaître. Foncez !

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Palmarès

N°1
Version B
Nikolaus Harnoncourt, 2003 (DG)N°2
Version F
Seiji Ozawa, 2002 (Philips)

N°3
Version E
Riccardo Muti, 2000 (EMI)

N°4
Version C
Carlos Kleiber, 1992 (Sony)

N°5
Version D
Herbert von Karajan, 1987 (DG)

N°6
Version A
Mariss Jansons, 2006 (DG)

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