Quelle est la meilleure version du 3e acte de Parsifal de Richard Wagner ?

Chantal Cazaux (L’Avant-scène Opéra), Emmanuel Dupuy (Diapason) et Christian Merlin (Le Figaro) élisent la version de référence du troisième acte de Parsifal de Richard Wagner.

Quelle est la meilleure version du 3e acte de Parsifal de Richard Wagner ?
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Seuls ont été pris en compte les enregistrements (live et studio) des 25 dernières années.

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 23 novembre 2014

La réputation de Daniel Barenboïm dans Wagner serait-elle usurpée ? Effets tonitruants, absence de phrasés, direction errante… que se passe-t-il ? Difficile de croire qu’on entend l’Orchestre Philharmonique de Berlin, avec ces cuivres si agressifs ! Si Siegfried Jerusalem propose un Parsifal jeune et incarné, le Gurnemanz de Matthias Hölle, usé jusqu’à la corde, s’exprime dans un sabir indéfinissable. Exit.

Tout aussi débraillé, Stephen Milling s’appuie sur une belle Staatskapelle de Dresde, dont le discours se disloque malheureusement : où sont passées la précision et la ferveur de Christian Thielemann ?

Valery Gergiev laisse des sentiments mitigés : quelques superbes fondus ne rachètent pas les baisses de tension régulières ; de même, le Gurnemanz rayonnant de René Pape ne rachète pas le vilain vibrato de Gary Lehman ni la diction affectée d’Evgeny Nikitin.

Marek Janowski, lui, connaît son Wagner, et offre un équilibre idéal : clarté, lyrisme, sens du détail, plénitude d’un orchestre en majesté soutiennent un discours habité, nerveux, où Selig et Elsner sont à l’unisson, imprimant un vrai poids aux mots. La première place sera âprement disputée.

La battue à la fois énergique et méditative de James Levine varie perpétuellement les climats et fait miroiter un orchestre au son creusé, riche en dynamiques. Quelle cohésion ! Dire que Levine s’appuie sur des chanteurs somptueux est un euphémisme : ce Parsifal latin (Domingo), ce Gurnemanz solennel (Moll), cet Amfortas héroïque (Morris) sont au service d’une vision cérémoniale grandiose de Parsifal.

Est-ce pour cela que la balance penchera finalement en faveur de la lecture plus humaine de Daniele Gatti (« plus narcissique ? » lance un tribun) enregistrée à New York vingt-et-un ans plus tard : en 2013, le Metropolitan Opera affiche une distribution superlative, où Jonas Kaufmann, René Pape et Peter Mattei conjuguent splendeur des moyens et intime pénétration du texte ; mais cela n’empêchera pas le public de voter majoritairement pour Levine ! Et quoiqu’il en soit, c’est à New York que tout se jouera…

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Palmarès

N°1
Version A
Jonas Kaufmann, René Pape, Peter Mattei, Chœurs et Orchestre du Metropolitan Opera de New York, dir. Daniele Gatti (DVD SONY, 2013)

N°2
Version B
Placido Domingo, Kurt Moll, James Morris, Chœurs et Orchestre du Metropolitan Opera de New York dir. James Levine (DG, 1992)

N°3
Version E
Christian Elsner, Franz-Josef Selig, Evgeny Nikitin, Chœurs de la Radio de Berlin, Orchestre de la radio de Berlin, dir. Marek Janowski (Pentatone, 2011)

N°4
Version D
Gary Lehman, René Pape, Evgeny Nikitin, Chœurs et Orchestre du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dir. Valery Gergiev (Mariinsky, 2009)

N°5
Version F
Johan Botha, Stephen Milling, Wolfgang Koch, Chœurs de l’Opéra de Dresde, Staatskapelle de Dresde, dir. Christian Thielemann (DVD DG, 2013)

N°6
Version C
Siegfried Jerusalem, Matthias Hölle, José Van Dam, Chœurs du Deutsche Oper de Berlin, Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Daniel Barenboïm (Teldec, 1989)

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