Quelle est la meilleure version du 22e Concerto pour piano de Mozart?

Sylvain Fort, Elsa Fottorino et Christian Merlin élisent la version de référence du 22e Concerto pour piano en mi bémol Maj. K482 de Wolfgang Amadeus Mozart.

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Compte-rendu

Une danse rustique ? La bourrée au village ? Chacun se gausse du jeu de Viviana Sofronitsky, dont le pianoforte semble tourner à vide face à un orchestre – historiquement informé – aux effectifs pléthoriques. Non ? Vraiment rien à sauver dans cette version ? A l’opposé absolu du spectre baroqueux se trouve Murray Perahia, qui joue et dirige un Mozart royal et luxuriant, avec des ralentis romantiques comme on n'en fait plus. Hélas, l’Andante manque de simplicité, d’intimité, d’émoi tout simplement. La version a bien vieilli.

Objectivement, il n’y aurait rien à redire à la vision, impeccablement huilée, de Christian Zacharias. Si ce n’est justement qu’elle glisse, trop attendue, à la surface de l’émotion. La lumière du piano, sa vigueur amusée, l’esprit tonique de l’ensemble n’y feront rien : on observe, impressionnés, mais on ne frémit pas.

Le pianoforte a quand même des qualités ! Surtout si Jos van Immerseel est aux commandes, qui fait surgir dans son Mozart du nerf, de la vie, des couleurs à foison. Alors oui, l’orchestre grince, bondit, vrombit, mais dans son dénuement, le piano ancien lui oppose le rire, des larmes et mille surprises. Et quelle blague que cette cadence au 3ème mouvement !

Michel Dalberto a de la personnalité à revendre, piquant à souhait, d’une dextérité phénoménale dans les traits ; c’est ludique, chanté et dansé avec une liberté absolue. Son complice John Nelson conjugue cette saveur sur tous les tons, avec un Ensemble Orchestral de Paris qui répond autant qu'il le peut. Mais l’Allegro final ne pousse-t-il pas le bouchon un peu loin ?

« Mozartien » : quel plus beau compliment adresser au tandem András Schiff / Sándor Vegh ? Tous deux sont d’une évidence et d’une éloquence sans pareils ; les personnages des Noces de Figaro se dressent devant nous, ici au piano, un piano rond, mutin, tendre, là au basson, ailleurs dans les soupirs de la flûte. On blague, on soupire, et puis on repart. L’état de grâce, rien de moins.

Palmarès

N°1
Version B

András Schiff, Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, dir. Sándor Vegh (Decca, 1989) N°2
Version C

Michel Dalberto, Ensemble orchestral de Paris, dir. John Nelson (RCA, 2000)

N°3
Version E

Jos van Immerseel, Anima Eterna (Channel Classics, 1991)

N°4
Version D

Christian Zacharias, Orchestre de chambre de Lausanne (MDG, 2003)

N°5
Version A

Murray Perahia, English Chamber Orchestra (Sony, 1979)

N°6
Version F

Viviana Sofronitsky, Musica Antiqua Collegium Varsovienne, dir. Tadeusz Karolak (Etcetera, 2006)

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