Quelle est la meilleure version des Vêpres solennelles d'un confesseur, de Wolfgang Amadeus Mozart ?

Chantal Cazaux, Emmanuelle Giuliani et Piotr Kaminski élisent la version de référence des Vêpres solennelles d'un confesseur, de Mozart.

Quelle est la meilleure version des Vêpres solennelles d'un confesseur, de Wolfgang Amadeus Mozart ?
Mozart

(ré)écouter l'émission : La tribune des critiques de disques du 25 décembre 2016

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Compte-rendu :

Pas une voix ne vient sauver la version de Nikolaus Harnoncourt : pourquoi cette absence de legato ? Ces coups de boutoir ? Non seulement ça retombe et s’essouffle, mais on s’ennuie ferme. Terrifiant.

Emma Kirkby dans Mozart : la chanteuse qu’on adore détester. Il faut dire que la blancheur exagérée du timbre, sans le moindre vibrato, est synonyme d’inexpressivité : aucun plaisir, aucune émotion. Les voix d’enfants apportent un charme certain au chœur dirigé par Christopher Hogwood, et l’ensemble, malgré des déséquilibres, ne manque pas de séduction. Est-ce assez ?

De la joie, de la fraicheur et un bel équilibre. Harry Christophers et ses musiciens trouvent l’esprit de jubilation propre aux Vêpres. En revanche, la soprano Elin Manahan dans le Laudate Dominum rencontre des limites, desservie par une technique qui la pousse à de vilains maniérismes. Dommage pour cette version de belle facture.

A en croire les tribuns, c’est un miracle que la lecture d’Eugen Jochum parvienne si haut dans la compétition. Si certains lui trouvent, dès le Dixit initial, un faste et une générosité symphonique, les autres n’y entendent que de la brutalité. Edda Moser divise, la faute à une diction relâchée. Alors, vraie valeur ou sortie de route ?

Perfection du chœur, excellence de l’orchestre, sens des détails : Trevor Pinnock fait régner l’ordre et la grandeur dans une vision ciselée et contrastée des Vêpres. Et le souffle ne faiblit pas, donnant à chaque séquence une force irrésistible. Que de théâtre ! Quoi de mieux alors que de laisser s’épanouir le Laudate Dominum cristallin de Barbara Bonney ?

La jubilation, le naturel et l’évidence. Colin Davis ne cherche aucun artifice et va droit au cœur de la musique de Mozart, rendue à sa lumière et à sa beauté apollinienne. La logique dramatique naît de la pâte orchestrale, et le superbe quatuor mord dans la musique avec allégresse. Kiri Te Kanawa, angélique, entonne un chant qui s’élève à chaque phrase plus haut et plus loin : la couleur magique du timbre ouvre un imaginaire dès la première syllabe. Sublime et incontournable.

Palmarès :

N°1
Version C

Kiri Te Kanawa, Elizabeth Bainbridge, Ryland Davies, Gwynne Howell, London Symphony Chorus and Orchestra, dir. Colin Davis (Philips, 1971)

version C
version C, © © Philips

N°2
Version D

Barbara Bonney, Catherine Win Rogers, Jamie MacDougall, Stephen Gadd, The English Concert, dir. Trevor Pinnock (Archiv, 1993)

version D
version D, © © Archiv Produktion

N°3
Version A

Edda Moser, Julia Hamari, Nicolaï Gedda, Dietrich Fischer-Dieskau, Chœurs et Orchestre de la Radio bavaroise, dir. Eugen Jochum (EMI, 1976)

version A
version A, © © EMI

N°4
Version F

Elin Manahan Thomas, Ruth Massey, Mark Dobell, Roderick Williams, The Sixteen, Academy of St Martin in the Fields, dir. Harry Christophers (Coro, 2007)

version F
version F, © © Coro

N°5
Version B

Emma Kirkby, Catherine Robbin, John Mark Ainsley, Michael George, Winchester Cathedral Choir, Academy of Ancient Music, dir. Christopher Hogwood (L’Oiseau-Lyre, 1990)

version B
version B, © © L'Oiseau-Lyre

N°6
Version E

Joan Rodgers, Josef Protschka, Elisabeth von Magnus, Laszlo Polgar, Choeur Arnold Schönberg, Concentus Musicus Vienne, dir. Nikolaus Harnoncourt (Warner, 1986)

version E
version E, © © Warner

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