Quelle est la meilleure version des Variations Sérieuses de Félix Mendelssohn ?

Mis à jour le lundi 07 novembre 2016 à 09h09

Jérôme Bastianelli, Sylvain Fort et Elsa Fottorino élisent la meilleure version des Variations Sérieuses de Félix Mendelssohn

Quelle est la meilleure version des Variations Sérieuses de Félix Mendelssohn ?
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(Ré)écoutez l'émission : La Tribune des critiques de disques du dimanche 06 novembre 2016

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Compte-rendu

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 40 dernières années.

Nikita Magaloff a pour lui une fougue et un sens de la narration indéniable. Mais bien des maniérismes perturbent son Mendelssohn, comme ces ralentis artificiels intempestifs.
Une version à mi-voix, voire cérébrale. Subtil, le virtuose Jean-Yves Thibaudet oublie pourtant de nous charmer : le thème est déclamé avec austérité et les variations enchaînées sur un ton... bien sérieux. Quel confort, quel luxe nous offre Murray Perahia ! Ce piano ouaté, onctueux, aux mille teintes, donne une ébouriffante gamme de dynamiques. Mais si la mécanique de précision impressionne, l'ensemble verse dans une splendeur esthétique qui laisserait presque Mendelssohn en chemin…

Certains effets de Javier Perianes ont beau être attendus, l’Espagnol exprime beaucoup de douceur et de tristesse dès les premières mesures. Ce mélange d’épure et de pudeur apporte une humanité confiante aux Variations, tel un lied de Schubert mis à nu. Une lecture d’un classicisme rayonnant.

Nos deux vainqueurs se situent aux deux extrémités du spectre mendelssohnien. La vision d’Alfred Brendel, tout sauf confortable, est un récit fiévreux, flamboyant, animé par une urgence et un feu qui se répandent avec exaltation. Tout est assumé, jusque dans ses imperfections : du caractère, de la couleur, des sonorités d’orchestre, c’est d’un souffle dramatique sidérant.

Bienvenue dans un monde où le chant triomphe, où la danse crépite, où la mélancolie fait subitement place à une virtuosité grisante et rugissante, avec des crescendos dévastateurs ! Le jeu charnel et contrasté de Bertrand Chamayou caractérise chaque variation avec le ton adéquat et une réelle noblesse. Voici la version idéale pour découvrir l’œuvre, dans une prise de son qui frise la perfection.

Palmarès

N°1
Version B

Bertrand Chamayou (Naïve, 2007)

Version B-500
Version B-500

N°2
Version D

Alfred Brendel (Philips, 1989)

Version D-500
Version D-500

N°3
Version F

Javier Perianes (HM, 2014)

Version F-500
Version F-500

N°4
Version C

Murray Perahia (Sony, 1974)

Version C-500
Version C-500

N°5
Version A

Jean-Yves Thibaudet (Decca, 2001)

Version A-500
Version A-500

N°6
Version E

Nikita Magaloff (Adès, 1988)

Version E-500
Version E-500

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