Quelle est la meilleure version des Scherzos de Frédéric Chopin ?

Avec la participation d'Elsa Fottorino, Jérémie Bigorie et Christian Merlin.

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Compte-rendu

Où va Lang Lang ? Un peu partout. Maitrisant d’impressionnants moyens, le pianiste opte pour un jeu viril, qui cherche à capter l’attention en permanence. Au risque d’en faire trop et de brouiller le message, entre maniérismes et déflagrations intempestives. Ivan Moravec trouve tout de suite un ton, celui de la confidence feutrée, faite de petites séquences morcelées qui se succèdent. Tout est de belle qualité, mais on reste comme à la surface, on lit un texte plutôt que de l’habiter et le vivre.

Des pleins, des déliés, des tensions et des détentes, Arthur Rubinstein maitrise une vaste palette sonore et peint avec goût les affres des Scherzos ; c’est splendide, intense, servi par un rubato généreux… Serait-ce un rien conventionnel ? On aimerait quand même entendre de tels pianistes tous les jours !

Quoi de plus personnel que le Chopin de Samson François ? Oui, la prise de son accuse son âge, une pointe d’acidité perce ça et là, mais quel chic, quel chien dans ces foucades pleinement assumées ! Tout virevolte jusqu’à l’instabilité, et cette lecture, parcourue de doutes et de points d’exclamation, est séduisante en diable, derrière sa nervosité de pantin désarticulé.

Ivo Pogorelich fait preuve d’une invention prodigieuse. Un immense prestidigitateur est aux commandes, avec ses humeurs, son humour, et des moyens digitaux stupéfiants : sa vision du texte surprend, comme improvisée à chaque mesure, mais en réalité hautement pensée, entre onirisme, coups de théâtre et fulgurances. Beaucoup de liberté, oui, mais quel bonheur !

L’équilibre parfait, c’est Abbey Simon qui le trouve. Le son est ample, rond, avec ses graves boisés, quasi orchestraux, et ses aigus liquides. Les couleurs varient et ondulent en permanence, les lignes de chant s’envolent, ce pianiste poète perce tous les secrets de Chopin et saisit l’essence même du Scherzo. Bravo !

Palmarès

N°1
Version C

Abbey Simon (Vox, 1972) N°2
Version E

Ivo Pogorelich (DG, 1995)

N°3
Version A

Samson François (EMI, 1955)

N°4
Version B

Arthur Rubinstein (RCA, 1956)

N°5
Version D

Ivan Moravec (Dorian, 1989)

N°6
Version F

Lang Lang (Sony, 2015)

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