Quelle est la meilleure version des Scènes d'Enfants de Robert Schumann ?

Elsa Fottorino, Jean-Charles Hoffelé et Antoine Mignon élisent la version de référence des Scènes d’enfants de Robert Schumann.

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Seuls ont été pris en compte les enregistrements des quarante dernières années.

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Compte-rendu

C’est la dure loi de l’écoute en aveugle… Devant les micros, chacun est presque gêné de découvrir que ces Scènes si droites, si lourdes et professorales sont signées Claudio Arrau, le grand, le légendaire Claudio Arrau. Déception. On n’est pas plus fiers de constater que Martha Argerich, schumannienne innée, bouscule avec une telle sauvagerie ces miniatures. Bien sur, la virtuosité, le déploiement de couleurs, l’art des phrasés impressionnent, mais point n’était besoin de tout souligner ainsi – la Rêverie donne le mal de mer ! Un peu de simplicité, non ?

De l’élégance, de la mesure, une palette nuancée, et beaucoup de sincérité : si Nelson Freire s’avance avec prudence dans les Pays lointains, son Colin-Maillard convainc et sa Rêverie, sans mièvrerie, enrobe par sa douceur. Un Schumann moins vécu que suavement dessiné.

Radu Lupu sait faire chanter son instrument, le parer de teintes moelleuses, et dans Curieuse Histoire, glisser, l’air de rien, tout ce qu’il faut d’espièglerie. La narration est fluide, nerveuse, mais derrière ces trésors manque peut-être le degré ultime de pénétration du texte schumannien.

Voilà un interprète qui ne laisse pas indifférent ! D’abord, Ivan Moravec agace, tant les tempos fluctuent, les idées déconcertent. Mais il faut dépasser l’impression initiale, car rien n’est plus libre, plus intelligent et raffiné que ce jeu d’humeurs mouvantes, comme improvisées, qui culminent dans une Rêverie entonnée telle un lied, et une conclusion portée sur les cimes : oui, le poète parle…

Choisie à l’unanimité par le public, Catherine Collard émerveille : c’est indéniablement la version qui domine. Tous les caractères des pièces y sont, sans appui ni afféterie, et ces Scènes coulent avec naturel, racontent mille histoires avec la plus grande simplicité. A la loupe toutefois, quelle science, quelle assimilation confondante de la polyphonie et de l'harmonie de Schumann ! Une immense leçon de musique.

Palmarès

N°1
Version C

Catherine Collard (Erato, 1975) N°2
Version E

Ivan Moravec (Supraphon, 1987)

N°3
Version D

Radu Lupu (Decca, 1993)

N°4
Version B

Nelson Freire (Decca, 2002)

N°5
Version A

Martha Argerich (DG, 1984)

N°6
Version F

Claudio Arrau (Philips, 1974)

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