Quelle est la meilleure version des Pins de Rome, d'Ottorino Respighi ?

Emmanuelle Giuliani (La Croix), Jean-Charles Hoffelé (Diapason, L’Avant-Scène Opéra) et Eric Taver (Classica, l’Etudiant) élisent la version de référence des Pins de Rome d’Ottorino Respighi.

Quelle est la meilleure version des Pins de Rome, d'Ottorino Respighi ?
Claude Lorrain, Le matin de Pâques

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 16 novembre 2014

Ce fut une de ses œuvres fétiches, enregistrée à trois reprises, mais Lorin Maazel peine à convaincre dès sa première version des Pins de Rome : du désordre, des désaccords, peu de tension et bien trop de prudence.

L’esprit sérieux d’Ivan Kertesz se traduit, lui, par une direction marcato sans discontinuer : pas inintéressant mais un rien aseptisé.

Riccardo Muti divise : vulgaire et complaisant pour les uns dans sa culture d’un son opulent, il sait, pour les autres, faire chanter cette musique et créer un climat morbide à l’approche des Catacombes ; ce sera donc insuffisant.

Seiji Ozawa et les musiciens de Boston assument un premier degré virtuose : précise, cette version très factuelle pêche pourtant par un déficit de mystère et de mystique, lorsque les rondes populaires de la Villa Borghèse s’arrêtent subitement superbe chant de rossignol quand même !

Si les pupitres de l’Orchestre de Bournemouth n’ont pas l’éclat de ceux de Boston ou Philadelphie, quelle réalisation que celle de Constantin Silvestri ! De l’insolence, de la subtilité, de la discipline, et au Janicule, une clarinette solo poignante. Quant à la remontée de la Voie Appienne, elle terrifie, avec son crescendo mené à la schlague : tous aux abris !

L’implacable Fritz Reiner dirige un Orchestre de Chicago luxuriant et se jette dans une lecture 3D avec fougue et un sens de l’espace magistral : que de couleurs et de profondeur ! Perpétuellement contrastés, les épisodes ménagent des visions panoramiques, des gros plans, une vie et des dialogues permanents. On est étourdi. Bravo !

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Palmarès

N°1
Version B
Chicago Symphony Orchestra, dir. Fritz Reiner (RCA, 1959)

N°2
Version E
Bournemouth Symphony Orchestra, dir. Constantin Silvestri (BBC Music, 1967)

N°3
Version A
Boston Symphony Orchestra, dir. Seiji Ozawa (DG, 1979)

N°4
Version F
Philadelphia Orchestra, dir. Riccardo Muti (EMI, 1984)

N°5
Version D
London Symphony Orchestra, dir. Ivan Kertesz (Decca, 1968)

N°6
Version C
Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Lorin Maazel (Deutsche Grammophon, 1958)

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