Quelle est la meilleure version des Nocturnes de Frédéric Chopin ?

Jérémie Bigorie (Classica), Jérémie Cahen (disquaire chez Gibert Joseph) et Elsa Fottorino (Pianiste, La république du classique) élisent la meilleure version des Nocturnes de Frédéric Chopin.

Quelle est la meilleure version des Nocturnes de Frédéric Chopin ?
Chopin joue le piano dans le salon du Prince Radziwill, Hendrik Siemiradzki

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 14 décembre 2014

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 40 dernières années.

Tout le monde l’a oublié, et à en croire les tribuns, le Polonais Andrzej Wasowski ne leur manquera pas, tant ses Nocturnes trahissent selon eux une absence de pudeur, une manière trop insistante de montrer au lieu de suggérer – nonobstant un très beau son. Tant pis.

Son inverse absolu s’appelle Maurizio Pollini, dont le superbe toucher n’excusera pas l’uniformité des phrasés, les accents brutaux et le manque cruel d’abandon : c’est l’autoroute de l’ennui !

Le voilà qui guette encore, ce terrible ennui, dans la lecture de Pascal Amoyel : le pianiste français serait-il terrorisé par cette musique ? Ou cherche-t-il à hypnotiser son auditeur ? Passées les premières mesures, le statisme s’accentue, et la monotonie du jeu fige l’ensemble du corpus. Dommage.

Nikita Magaloff est un grand maitre du piano, déployant un jeu puissant et coloré. Mais à force de réfuter tout cantabile et d’aligner les maniérismes, ses Nocturnes manquent de suspense, de moiteur, de mystères…

Portée par le théâtre, l’interprétation de Maria Joao Pires est affirmée, tourmentée, au service d’un discours constamment tenu : la pianiste cisèle des climats passionnés et ne relâche l’attention dans aucun Nocturne ; on sait qu’on la suivra jusqu’au bout.

Miraculeux, Claudio Arrau offre un éclairage bouleversant. « Le poète parle ! », lance un tribun à propos de ce jeu dense, décanté, où chaque phrase cache un non dit ; un art de la confession souverainement maitrisé, magnifié par une palette de couleurs infinie.

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Palmarès

N°1
Version F
Claudio Arrau (Philips, 1977/1978) N°2
Version D
Maria Joao Pires (Deutsche Grammophon, 1995/1996)

N°3
Version A
Nikita Magaloff (Philips, 1974/1978)

N°4
Version B
Pascal Amoyel (La Dolce Volta, 2004)

N°5
Version E
Maurizio Pollini (Deutsche Grammophon, 2005)

N°6
Version C
Andrzej Wasowski (Concord, 1989)

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